Nature :

L’interdiction du brevetage des gènes natifs, ça donne la pêche !

Dans le cadre du projet de loi sur la biodiversité, l’interdiction de déposer des brevets sur le vivant a été décidée. Les entreprises ne pourront plus nous raconter des salades et s’approprier les bienfaits que nous donne la nature depuis des siècles.

Ecoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 9h45, 13h30, 15h45 et 19h45 !

Version écrite de la chronique :

Hier vous étiez très fâchée contre les sénateurs qui ont voté contre l’interdiction des pesticides mais, toujours dans le cadre du projet de loi pour la biodiversité, vous avez aujourd’hui une bonne nouvelle…

Il faut en effet se féliciter d’une très bonne décision de ce mardi, interdisant le dépôt de brevet sur des plantes pour leurs caractéristiques génétiques dès lors qu’il est établi que celles-ci existent à l’état naturel. C’est une décision fondamentale car il y a de plus en plus de brevets déposés sur le vivant par des grandes entreprises. Je ne vous fais pas un dessin sur les conséquences !

Avez-vous un exemple précis ?

En 2004, une entreprise néerlandaise a déposé un brevet pour une espèce sauvage de laitue qui a un gène très résistant à un puceron. Du coup, par la suite, elle a demandé des royalties à ceux qui utilisaient ces laitues très résistantes depuis des années. En gros, en investissant un peu d’argent, les multinationales s’accaparent le vivant et nous devrons payer pour tout ce que la nature nous a toujours donné gratuitement. Avec cette interdiction, la France envoie un message fort aux négociations européennes en vue d’une évolution rapide des lois européennes sur les gènes natifs. Ségolène Royal est toute fière et elle a raison !

Mais comment ces brevets ont été autorisés ?

Par un détournement de la loi par des petits malins. En mars 2015, un article a rendu possible le contournement de l’interdiction européenne de poser des brevets sur les variétés, schématiquement on ne peut pas poser de brevet sur une plante en elle-même, mais on peut déposer un brevet sur un gène de cette plante… ce qui revient au même car ce n’est jamais la plante en entier qui est utile, ce n’est pas la laitue l’important mais le gène qui la rend plus résistante que les autres. Suite à cet article, la société « Plant Bioscience » a d’ailleurs pu déposer deux brevets sur des brocolis et des tomates, interdisant à tout agriculteur de les semer sans l’accord de la société et sans rémunération bien sûr ! Vous imaginez la moitié de nos légumes appartenant à un milliardaire américain ? On va éviter ce cauchemar !

585Cette chronique a été diffusée le 29 janvier sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique

 

 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.