Quelle époque éthique !

L’extinction des abeilles coûte cher, très cher !

hover-fly-1726659_1280En plus d’être une vraie catastrophe pour la biodiversité, la disparition des abeilles et autres insectes pollinisateurs a été chiffrée par nos gouvernants. Quant aux raisons de cette hécatombe, elles ne sont pas tout à fait ce que l’on croit…

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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Elles étaient en danger et fin septembre, les abeilles ont été officiellement classées comme espèce en voie d’extinction par l’USFWS, un organisme fédéral des États-Unis.

Et l’heure est grave ! Insectes pollinisateurs, les abeilles permettent à 80% des espèces végétales de se reproduire. Sans elles, de nombreuses espèces vont disparaitre, les animaux n’auront plus de quoi manger et par effet boule de neige, les humains non plus. Alors que pas grand monde ne s’affole de la disparition de la biodiversité, les abeilles semblent faire le buzzz car les instances gouvernementales prennent l’affaire au sérieux et, c’est nouveau, le chiffrent ! Selon une étude récente publiée par le Ministère de l’environnement et révélée par les Échos, l’extinction des abeilles et des autres espèces butineuses pourrait ainsi coûter quasiment 3 milliards d’euros à la France. Si les épices, racines ou tubercules ne sont pas touchées par ce fléau, ce serait une catastrophe pour les fruits, légumes et oléagineux.  Pour le monde entier : selon la Fondation pour la recherche sur la Biodiversité, la disparition des abeilles coûterait 150 milliards d’euros au niveau mondial provoquant des chutes de production du cacao ou des fruits à coques ce qui serait désastreux pour les pays producteurs. En nous aidant à cultiver les végétaux, les abeilles contribuent aussi à notre santé. Les scientifiques estiment que la disparition des pollinisateurs nous priverait de vitamines A, C et de calcium ce qui augmenterait des troubles cardiaques et 1,4 millions de morts prématurées par an.

Cette terrible perspective n’est pas un sujet nouveau par contre, sait-on maintenant pourquoi les abeilles disparaissent ?

La plupart des études montrent du doigt des lacunes sanitaires et nutritionnelles. La 1ère : la manque d’action contre le Varroa, un acarien parasite originaire d’Asie qui tue les abeilles en attaquant leurs systèmes immunitaires. 2ème problème qu’il n’est pas très politiquement correct de souligner : les pratiques apicoles. Selon la DGAL (Direction de l’Alimentation dépendant du Ministère de l’Agriculture) certains apiculteurs luttent contre le varroa avec des produits non homologués ou des remèdes de grand-mère pas très efficaces qui n’arrêtent pas la contamination. 3ème cause d’après les études : la famine. Plus de haies, de prairies, de bord de chemin mais des pavillon avec des pelouses tondues, où les abeilles peuvent-elles trouver de quoi manger ? Enfin, 4ème cause, les pesticides, moins responsables qu’on ne le pensait mais tout de même à l’origine de la mort de 4% des abeilles. C’est une question éthique que l’on répète depuis des années : à quand des actions politiques efficaces pour protéger les abeilles et… les hommes ?

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.