Santé :

Les plantes dépolluantes, info ou intox ?

Faut-il transformer son intérieur en jungle pour mieux respirer ? Une belle promesse ou un coup marketing ? La réponse est aussi nuancée que la couleur d’une rose.

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Fougères vertes / Pixabay

Yolaine de la Bigne est partie quelques jours « changer d’ère » ; nous vous proposons de réécouter l’une de ses chroniques : 

Écoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

On nous a souvent dit que certaines plantes peuvent dépolluer l’atmosphère. Info ou intox ?

Les deux ! C’est à la fois vrai et faux. Grâce à la publicité et aux arguments commerciaux souvent raccourcis, un amalgame a été fait alors qu’il faut nuancer. C’est le but du programme Phytair de l’APPA (association pour la prévention de la pollution atmosphérique). Depuis 2004, elle fait des tests en laboratoire et il s’est avéré que certaines plantes, comme les Ficus, Cyclamen, Fougères ou Philodendron captent certains polluants comme l’Ammoniac, le Benzène ou le Xylène. Elles les absorbent, les transforment en nutriment, puis rejettent du O2.

C’est formidable, peut-on couvrir notre sol de fougères et de ficus ?

Ça sera très beau mais pas forcément efficace car ces résultats sont valables en laboratoire, des pièces fermées et hyper contrôlées. Ce qui n’est pas le cas -heureusement- de nos intérieurs. Il faut des conditions spécifiques, tout dépend du nombre de plantes, de la durée d’exposition, de quelle variété de plantes et des conditions de ventilation intérieure. Et du coup, en conditions réelles, les plantes n’absorbent que des quantités négligeables. Une plante est efficace pour environ 10 m2. Plus la pièce est grande, plus elle doit être remplie de fleurs.

Pourtant, il semblerait qu’on les utilise en extérieur pour dépolluer l’eau, n’est-ce pas ? 

Vous avez raison, certaines plantes peuvent participer à la dépollution atmosphérique extérieure, comme l’Aloé. Mais elles doivent être très nombreuses pour avoir un résultat satisfaisant. Idem pour celles qui dépolluent l’eau comme les roseaux que l’on plante en grande quantité. C’est pour cette raison que l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) considère que l’argument « plantes dépolluantes » n’est pas valide scientifiquement. Elle rappelle que plutôt que de se ruiner en plantes vertes, il faut éviter la pollution à sa source : entretenir son chauffe-eau et sa chaudière, réduire les produits chimiques et ménagers, surveiller la ventilation et aérer tous les jours, etc.

Peut-on quand même garder une petite plante chez soi ?

Bien sûr car, malgré tout, elle réduira un peu le taux de gaz carbonique, humidifiera un peur l’air, réduira un peu la quantité de poussière véhiculée par les courants d’air mais elle vous fera beaucoup de bien au moral. Elle vous dépolluera la tête !

585Cette chronique a été diffusée le 2 mars sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique

 

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Laura Stefanutto

Passionnée par le monde et ses richesses culturelles, elle écume les mers depuis son plus jeune âge. Bien décidée à profiter de ce que lui offre la vie, elle débute une série de voyage en solitaire, avec l’Australie notamment, après l’obtention de son bac. Quelques mois plus tard et des souvenirs plein la tête, elle revient en France pour entamer une école de journalisme. Sensible à la cause humaine et environnementale, elle est convaincue qu'un avenir meilleur est possible.