Assassinats :

Les écolos, une espèce menacée

En 2015, 185 défenseurs de l’environnement et des droits fonciers ont été assassinés dans 16 pays. Les exécutions se déroulent souvent dans des villages isolés ou bien au cœur des forêts du Brésil, des Philippines mais aussi des pays d’Afrique, d’Amérique du Nord et d’Europe, à l’abri des regards. Ce nombre, 185, pourrait donc être, en réalité, beaucoup plus élevé.

Crédit : Rubyjane88 - Pixabay
Crédit : Rubyjane88 – Pixabay

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

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185 défenseurs de l’environnement et des droits fonciers assassinés l’année dernière : un chiffre horrifiant non ?

Le chiffre est d’autant plus terrible qu’il n’est pas à la hauteur de la réalité car c’est difficile à quantifier. 185 personnes ont en effet été tuées dans 16 pays parce qu’ils défendaient la planète en 2015, soit une hausse de 59 % par rapport à 2014, selon l’ONG britannique Global Witness. Quels sont les pays les plus dangereux ? Le Brésil (50 morts) et les Philippines (33 morts). Les victimes sont souvent des indigènes qui veulent sauver leurs terres convoitées par les entreprises et qui sont très vulnérables car isolés. Ces sociétés envoient des services de sécurité privés, tueurs à gages, groupes paramilitaires, cela peut même aussi être l’armée et la police parfois.

Au Brésil, je suppose que cela se passe surtout en Amazonie pour déforester et exploiter le bois ?

Dans ce pays règne, en effet, en toute impunité, une violence généralisée. Les plantations agricoles et les exploitations parfois illégales empiètent sans complexe sur les terres communautaires des indiens. 80 % du bois d’œuvre brésilien est illégal et 25 % du bois illégal sur le marché mondial vient du Brésil, selon Global Witness. Récemment, par exemple, Antonio Isidio, à la tête d’une exploitation agricole de l’état de Maranhao, dénonçait l’exploitation illégale de ses terres. Il a été assassiné et la police n’a même pas daigné enquêter pour connaître le commanditaire. Idem aux Philippines où les populations tentent de défendre leurs terres ancestrales contre l’exploitation minière.

Ce qui est effrayant c’est que ça se passe un peu partout dans le monde !

En Inde, en Afrique mais aussi en Amérique du Nord et en Europe, tous ceux qui s’opposent au pillage risquent leur vie. Prenez l’exemple de quelqu’un qu’on connaît bien en France, Paul Watson, Canado-Américain « Eco warrior » qui a créé l’ONG de défense des mers et des baleines, Sea Shepherd. Poursuivi par Interpol, il s’est enfui de l’Allemagne. Considéré comme un « terroriste potentiel », il est visé par les puissants lobbies de la pêche. Il n’y a d’ailleurs pas que les activistes qui sont menacés, les journalistes aussi ! Heureusement, quelques actions se font en faveur de ces militants, des campagnes de dons (crowdfunding) ou le Fonds d’Assistance aux Défenseurs en Afrique Centrale (FADAC) créé par quatre organisations de défense de l’environnement et des droits de l’Homme.

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Marion Bordier

Férue de lecture, de photographie, d'écriture mais aussi de découverte de nouvelles contrées et cultures, le journalisme semble être une évidence pour Marion.