Alimentation :

Le stress animal, dangereux pour la viande ?

Les mauvaises nouvelles se succèdent pour les mangeurs de viande. On apprenait il y a peu qu’elle pouvait présenter des risques de cancer pour les consommateurs, or ce n’est pas tout : les conditions d’abattage peuvent en plus altérer sa qualité. Explications.

steak-353115_1920

Pixabay

Yolaine de la Bigne reprend sa place derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 9h45, 13h30, 15h45 et 19h45 !

Ecoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

Les infos choc se succèdent sur la viande, les images des abattoirs d’Alès, le rapport de l’OMS sur l’excès de viande qui est cancérigène… vous avez d’autres infos, pas forcément positives…

Et là encore des infos qu’on connaît depuis longtemps. Les conséquences du stress d’un animal sur la qualité de sa viande. Il y a beaucoup d’études des années 2000 par le CNRS, l’INRA et d’autres organismes à  l’étranger qui expliquent qu’un animal stressé ou mal traité aura une viande moins bonne. Le sujet est complexe. Plusieurs facteurs entrent en jeu, les caractéristiques de l’animal et du muscle lui-même, le porc ne réagit pas comme le bœuf. Il y a ensuite les pratiques d’élevage, pré-abattage et la mort qui entraîne de gros stress et enfin, bien sûr la façon dont on la cuisine. Et cela concerne toutes les viandes même les bios! Concernant le stress, quand l’animal a peur et qu’il souffre, cela va altérer le goût de sa chair, sa couleur et même sa tenue dans une poêle ou un plat.

Pour quelles raisons ?

A cause du pH. Il baisse quoi qu’il arrive mais pour le porc par exemple, s’il a été trop longtemps stressé, transports interminables, attente à l’abattoir, son pH ne baisse pas assez parce que ses réserves de sucre ne sont plus suffisantes au moment de la mort. Résultat : sa viande est sèche et colorée, et peut même dans certains cas être considérée impropre à la consommation. Autre problème qu’on n’explique pas, qui serait peut-être dus à des conditions d’élevage trop dures : le pH baisse trop vite, ce qui créé une viande pâle, flasque et exsudative (avec trop d’eau). Or tout ça n’est pas très bon pour la santé humaine, et peut entraîner des maladies type gastro-entérite, fièvres, complications rénales chez les jeunes enfants etc.

Et qu’est-ce qu’on peut faire ?

Revenir à des méthodes plus respectueuses de l’animal: transports pas trop longs avec de quoi manger et boire, pas  d’attente à l’abattoir, un animal assommé sans souffrance avant d’être tué. Et même pour l’abattage rituel halal, on peut le pratiquer avec étourdissement, cela se fait en Norvège, Suède, Autriche, Suisse, Nouvelle-Zélande grâce à une dérogation pour des raisons d’hygiènes alimentaires comme l’explique le site abattagerituel.com. Vous pouvez aussi devenir végétarien mais ce n’est pas votre genre Christine !

Cette chronique a été diffusée le 19 novembre sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique

585

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone