Cinéma : « Le Lorax » de Chris Renaud et Kyle Balda

Imaginez une ville sous bulle où l’air s’achète en bonbonne et la végétation est en plastique. Voilà où en est le monde, victime des industries avides. Si seulement les hommes avaient écouté le Lorax ! En salles à partir du 18 juillet.

 

 

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2012/07/Le-lorax-avec-jingle.mp3|titles=Le lorax ]

Avant, l’air était pur, les arbres florissants et les petits animaux mutins. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, la ville, Thneedville, est sous cloche comme une piscine de Center Park, les bonbonnes d’air (qui ressemblent à celles que l’on trouve dans les distributeurs d’eau potable froide ou glacée, les châteaux d’eau des temps modernes) s’achètent et les arbres sont en plastique. On se croirait à quelque chose entre Wisteria Lane, la coquette banlieue des Desperate Housewives, avec une architecture aussi lisse et colorée que le brushing de Bree van de Kamp, et une de ces cités protégées, bourgs sécurisés et autarciques, qui commencent à apparaître en Inde, et ailleurs. Pour plus de simplicité, la ville est aux mains de O’Hare (eau air), l’homme d’affaires qui commercialise les bonbonnes de bon air pur à prix coûteux. Un village des Schtroumfs (pour les couleurs) cauchemardesque (pour l’air si cher et la végétation en toc), en somme. Pour gagner un baiser d’Audrey, son amoureuse en échange d’une graine vivante, Ted, un jeune garçon enfourche son scooter et sort de la bulle/ville, découvre un ailleurs aussi gai que les ruines de Tchernobyl, une vallée desséchée, polluée, grise et anthracite. Il y rencontre le « Gash-pilleur », celui par qui tout est arrivé, le bien nommé par qui est arrivé le gaspillage et le pillage. C’est ce dernier qui lui parlera du Lorax, un petit personnage mignon et renfrogné, orange et ébouriffé, poilu et bavard qui, avec sa moustache jaune et abondante, est un peu le José Bové des lieux. Le Lorax est une créature du Dr Seuss, nom d’auteur de Theodor Seuss Geisel, qui avait aussi imaginé pour ne parler que de ceux adaptés au cinéma le Grinch, le Dr T aux 5000 doigts pianistes, Le chat chapeauté et Horton l’éléphant.

La nouvelle du Dr Seuss qui a inspiré ce film est un petit bijou qui explique, sans asséner, l’écologie (personnifiée par ce pétulant bonhomme de Lorax) de bon sens et de raison aux enfants. Et n’est pas un texte récent, il date de 1972, le film est une jolie manière de fêter son 40ème anniversaire à cette œuvre qui n’a pas pris une ride, qu’on pourrait croire sortie de l’œuf. Certes le film a un peu gommé l’esprit caustique de l’auteur, châtré ses piques et ses épines, coloré en fluo la vallée Truffala du temps de sa splendeur. Comme quoi, la mort annoncée de notre (ex?) belle Terre par la cupidité des uns et l’absence de longueur de vue des autres, par la société des profits et du gaspillage, par l’aveuglement et l’égoïsme, n’est pas une idée neuve. Sauf qu’aujourd’hui, il y a le feu au lac.

Voir la bande-annonce :

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

"Polyglotte et multimédia, curieuse de tout, avare de rien, en chapeau sur son vélo ou en lunettes en salles obscures, Monique Neubourg aime le cinéma, les livres, les parfums, les jardins, les séries américaines, les relations humaines, l'air du temps et le bruit de l'eau. Elle fait même ses shampoings bio elle-même !