Quelle époque éthique !

Le bonheur est-il dans les bras des robots de l’amour ?

Au Japon, chacun tente de compenser son manque d’amour. Geishas hier, escort boys et girls aujourd’hui, robots hologrammes demain… ce n’est pas le sexe qui est en vente mais bien l’affection et le bonheur. Un mal du nouveau siècle pour un nouveau monde ?

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Au Japon, dans les quartiers chauds des grandes villes comme Tokyo et Osaka, s’est installé un marché très particulier, celui de l’affection. Dans des lieux dédiés, on s’achète des compliments et des mots doux.

C’est une tradition au Japon, dont on imagine qu’elle a pris racine avec les fameuses « geishas ». Dans ces « hostess clubs », des jeunes femmes sont payées pour chouchouter des clients, les écouter, les satisfaire mais, on se calme, sans… relations sexuelles. Or, depuis quelques dizaines d’années le phénomène inverse explose : des « host clubs » dans lesquels ce sont des hommes, jeunes et gentils, qui se prêtent aux moindres désirs de femmes, prêtes à dépenser des fortunes pour une soirée de flirt et de mots tendres. Ce marché de l’amour factice attire bien des passions avec un chiffre d’affaire annuel de 10 milliards de dollars et quelques 800 lieux dont 260 à Tokyo.

Mais qui sont ces femmes en mal d’amour ?

Elles ont entre 25 et 60 ans, sont très à l’aise financièrement, indépendantes professionnellement à l’image de cette jeune femme d’affaires de 27 ans qui dépense près de 10 000 €/mois pour son jeune favori et déclarait récemment à l’AFP « les hommes japonais ne sont pas très galants et ne montrent pas leurs sentiments. Je veux que l’on me cajole et peu importe ce que cela me coûte. » L’amour, toujours l’amour…

Vous qui parliez récemment des robots de l’amour, ce sera une nouvelle manne pour ce marché.

Ça commence ! Le Gatebox est un assistant domestique de la taille d’un mixeur qui projette en hologramme un petit personnage appelé Azuma Hitari, décrite par son constructeur comme une épouse capable de tout pour faire le bonheur de son mari. Ou plutôt de son propriétaire. Azuma semble sortir d’un manga : toute jeune, les cheveux bleus, la robe très courte… Elle a été pensée pour tenir compagnie aux « hommes les plus solitaires » : une appli leur permet lorsqu’ils sont loin de chez eux de discuter avec leur « épouse » et de recevoir des SMS personnalisés. Sans oublier l’essentiel pour ces messieurs : Azuma peut interagir avec les équipements connectés de la maison, brancher la machine à laver, surveiller l’arrosage des plantes, bref une épouse parfaite, disponible 24/24, toujours de bonne humeur et pas encombrante !

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