Innovation :

La pollution s’imprime !

Un scientifique d’origine indienne a découvert comment concilier la réduction de la pollution atmosphérique et la rentabilité des cartouches d’encre, grâce à une machine permettant de la transformer en encre noire pour imprimante.

©Aka
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Yolaine de la Bigne reprend sa place derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 9h45, 13h30, 15h45 et 19h45 ! 

Ecoutez la chronique de Yolaine de la Bigne : 

Version écrite de la chronique :

On a tous dans nos bureaux et même à la maison un produit très polluant, l’encre noire de nos imprimantes, mais il pourrait s’avérer très utile ?

L’encre noire pour imprimante est en effet l’un des produits les plus consommés au monde, fabriquée à partir de produits chimiques et vendue à des prix très élevés. Depuis quelques années, on tente de récupérer les cartouches pour les recycler mais ça ne va pas très loin. Or un inventeur pourrait changer la donne ! Anirudh Sharma est horrifié par la pollution en Inde, une pollution atmosphérique qui dans certaines villes atteint une telle densité que les particules de suie se déposent sur votre peau !

Vue de l'ouest de Delhi ©Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier
Vue de l’ouest de Delhi ©Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier

Quel est le rapport avec l’encre des imprimantes ?

Ce chercheur indien s’est inspiré de la fabrication de l’encre de Chine. Car il y a 2000 ans, les Chinois brûlaient des pins pour récupérer la suie de la fumée et la transformer en encre en y ajoutant de l’huile de chanvre et du musc. Du coup, le chercheur s’est dit qu’on pouvait utiliser la même méthode et se servir de cette pollution pour créer de l’encre destinée aux imprimantes. Il a conçu un appareil baptisé Kaala, assemblé à partir d’un ventilateur de PC. Cette machine aspire les gaz polluants et sépare le noir carbone des autres composés. Ensuite, elle mélange ce noir carbone avec une goutte d’huile et de l’alcool, mixture qu’elle insère ensuite dans une cartouche HP.

C’est incroyable, ça semble si simple ! Et cela donne une encre de bonne qualité ?

Le résultat  est très prometteur. L’encre est plus épaisse que son équivalent industriel, et nécessite encore quelques ajustements. L’intérêt est que cette encre sera beaucoup moins chère et incroyablement simple à fabriquer donc très vite rentable : il faudra seulement une dizaine de minutes pour remplir une cartouche à partir de la fumée de votre cheminée. Pour rentabiliser votre voiture diesel, vous laisserez juste l’appareil une heure près du port d’échappement pour remplir votre cartouche. Une façon maligne de lutter contre la pollution, à inscrire en encre noire dans les projets à suivre de près !

Cette chronique a été diffusée le 2 novembre sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique. 

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.