Trafic :

La méthode pour empailler les orpailleurs

Comment lutter contre le trafic d’or ? En établissant sa traçabilité. Une technique prometteuse, mise au point à la demande du WWF par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), pourrait révolutionner le secteur.

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

Écoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

En cette journée des droits des femmes, vous voulez parler de l’or que tant d’entre nous aiment mais qui pose des soucis. Soucis qui pourraient bientôt avoir une solution !

C’est une bonne nouvelle car, en effet, le contexte n’est pas brillant ! En Guyane, il y a entre une et deux tonnes d’or qui sont extraites légalement par an, contre 5 à 10 tonnes du côté de la filière clandestine. Cela correspond à une moyenne de 200 sites illégaux avec une main d’œuvre clandestine pouvant s’élever à 10 000 « garimpeiros » (chercheurs d’or), pour la plupart venus du Brésil. Ces mines d’or illégales provoquent déforestation et pollution des cours d’eau au mercure. Cette pollution a un impact direct sur certaines populations, comme les Amérindiens, par exemple, qui consomment beaucoup de poisson et donc s’empoisonnent. Les mines d’or illégales attirent aussi des groupes criminels, ce qui provoquent des conflits violents avec la population. Bref, bienvenue en enfer !

On ne se doute pas de tout cela quand on achète un bracelet ! Et quelle serait la solution ?

Être capable de savoir d’où vient l’or de votre bracelet pour pouvoir remonter les filières et identifier les trafiquants ! Un rêve qui devient une réalité et se nomme TAO : Traçabilité de l’or en Guyane. C’est à l’initiative du WWF qui a demandé au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) de trouver un procédé pour retrouver l’origine de l’or. Après plusieurs années de recherche et l’analyse de 30 échantillons issus de plusieurs sites géographiquement distincts, le BRGM a pu identifier la provenance de l’or et la façon dont il a été extrait. Le BRGM a élaboré la carte de visite de chaque échantillon d’or, en quelque sorte. Ce qui n’était pas si simple puisqu’un grain de poudre d’or mesure en moyenne un millimètre !

Et cette technique permettra à chaque vendeur de savoir d’où vient l’or de mon bracelet ?

Exactement ! C’est une grande avancée parce qu’aujourd’hui 80% des bijoutiers avouent ne pas connaître l’origine de leurs matériaux, explique WWF. L’étape suivante est de constituer une base centrale où l’on inscrira les cartes d’identité de tous les morceaux d’or du monde entier. Cela donnera une transparence à un secteur qui en manque !

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Cette chronique a été diffusée le 8 mars sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.