Interview :

La COP21 va-t-elle être utile pour Angelina Jolie ?

Notre correspondant Franck Rousseau a rencontré Angelina Jolie pour la sortie de son film « Vue sur Mer ». L’occasion pour Néoplanète d’aborder la COP21 et la déforestation au Cambodge où elle prépare son prochain film, écoutez ! 

Angelina Jolie et Franck Rousseau
Angelina Jolie et Franck Rousseau

Ecoutez l’interview : 

Version écrite de l’interview : 

Vous êtes très impliquée dans l’environnement et la cause humanitaire. Dans quelques semaines, les Français organisent le COP21. Un sommet pour essayer de sauver la planète. Quel genre de choses attendez vous de ce genre de rencontres ? Enfin pouvez vous nous donner des nouvelles sur vos dernières missions en date avec les Nations Unies ? 

Des rencontres de ce genre, il y en toutes les semaines. Ce qu’il faudrait, c’est un sommet qui fasse vraiment changer les choses. La question centrale c’est ce que chacun est prêt à mettre en place et à concéder pour trouver de réelles solutions. En ce qui me concerne je suis actuellement en train de travailler sur un projet pour l’environnement au Cambodge, où je prépare un film sur le génocide. Ce qui me tracasse le plus, c’est là-bas c’est la déforestation ! Elle avance à grande vitesse.  Sur place, cela saute aux yeux ! Je pense qu’il faut des lois pour changer les choses, pas simplement des conversations. Il faut trouver la voie diplomatique vers une solution politique. Il faut des négociations certes mais il faut aussi que nous puissions vivre dans un monde dans lequel on peut résoudre plus d’un problème à la fois. Il faut que l’on puisse s’atteler à toutes ces crises simultanément et pas uniquement quand elles font les gros titres. Il faudrait enfin écouter les gens et la volonté du peuple de chaque pays afin que ces derniers puissent prendre part à la discussion.

Les réfugiés Syriens en Gypaète nous ont dit que cela faisait plus d’un an que l’ONU avait arrêté de leur payer une pension et que leurs enfants ont été congédiés des écoles publiques, qu’ils n’ont pas accès aux services médicaux et c’est pour cela qu’ils tentent le périlleux voyage vers l’Europe. Le manque de soutien de la part de l’ONU semble être un moteur à ce flot migratoire. En tant que qu’envoyée de la haute commission aux réfugiés, que répondez vous à cela ?

Disons que j’aimerai beaucoup être la personne en charge, mais je ne le suis pas. (rires) La réalité de l’ONU c’est qu’elle a été fondée pour prévenir tout ce que nous sommes entrain de voir aujourd’hui. Elle est dirigée par le Conseil de Sécurité, et quand le conseil de sécurité décide de faire bouger les choses, généralement, elles bougent. Et quand ils ne font pas assez ou qu’ils utilisent leur véto ou qu’ils font preuve de manque de volonté, rien ne se passe.

Les crises dans le monde ont trop souvent été soutenues par des programmes d’aide, et je pense que c’est devenu une habitude ces dernières décennies. Il y a 60 millions de déplacés sur terre, qu’en pensons nous et comment fait-on pour envoyer tous leurs enfants à l’école ? C’est impossible. Mais ce n’est pas une excuse et cela fait trop longtemps que les politiques, plutôt que de chercher à résoudre les conflits et à consolider les sociétés, sont trop préoccupés par combien de fonds on va récolter pour des abris temporaires, pour des camps temporaires. Ces gens ne devraient jamais se retrouver dans une situation pareille, où ils dépendent complétement de l’aide humanitaire. Bien sûr que je voudrais que toutes les demandes soient exaucées et ne jamais avoir à entendre comme l’année dernière de la part du WHO qu’ils n’ont pas assez d’argent pour nourrir les gens qui meurent de faim. Mais c’est ce qu’il se passe en ce moment. Les camps de réfugié ont aussi beaucoup changé. Il n’y a plus rien d’autres que les quelques denrées alimentaires distribuées, il n’y a plus d’argent. Il y a encore moins de rations qu’avant et c’est certain que j’aimerais que dès à présent le conseil de sécurité et les pays fortunés répondent à ces demandes, mais il faut aussi comprendre que c’est du court terme, c’est impossible de tenir ce rythme à long terme. Il faut que nous ayons des politiques qui plutôt que de répondre à une crise avec des demandes que l’on satisfait sur le moment, on ne peut plus avoir ces situations de continuelle instabilité comme au Darfour. Tout le monde a parlé de la crise au Darfour en « une » des journaux et rien n’a changé. La Une est passée, et rien n’a changé. Il faut pousser le conseil de sécurité à prendre ses responsabilités, et vraiment prendre à partie l’ONU même. C’est ce que j’ai fait. J’y ai donné un discours très agressif envers eux, et même si j’en fais partie je sais pertinemment qu’ils n’ont pas toutes les solutions.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone