Jane Fonda : « La prospérité, c’est bien, mais sans mettre en péril notre environnement »

À 74 ans printemps, l’égérie des seventies, papesse de l’aérobic, garde intactes ses passions, son incroyable vitalité et sa profonde révolte contre les injustices. Rencontre avec Jane Fonda qui joue actuellement Nancy Reagan dans Le Majordome.

Propos recueillis par Frank Rousseau, notre correspondant à Los Angeles

Le Syndrome chinois a été un des films les plus marquants de votre carrière et un des plus environnementaux. Cette fiction a rejoint la réalité avec un vrai syndrome mais… japonais, à savoir la catastrophe nucléaire de la centrale nucléaire de Fukushima.

Après le tsunami, j’étais à la fois triste, consternée et, surtout, effrayée. Un accident nucléaire ne se produit pas à un seul endroit. Les risques sont toujours possibles sur d’autres sites. C’est l’effet domino. Après Fukushima, j’ai écrit à Michael Douglas qui avait produit Le Syndrome chinois pour que le film sorte à nouveau en salles. Hélas, cela ne s’est jamais fait.

 

Vous avez vécu une partie de votre vie avec Ted Turner, magnat de la presse, businessman, fondateur de CNN et surtout généreux donateur pour la cause verte puisqu’il aura donné 1.3 milliard de dollars à diverses causes…

Ted est comme ça ! C’est son côté chevalier blanc et c’est ce que j’ai toujours aimé chez lui. Les sommes d’argent colossales qui a donné auront permis, comme il le dit lui même, d’améliorer des vies, de sauver des espèces, de scolariser des enfants, d’inspirer le changement, d’ouvrir les esprits. Au moment de sa mort, Ted a promis de léguer toute sa fortune à des œuvres de charité. Ce qu’il a fait est grandiose !

A part la menace nucléaire quelle est votre plus grosse crainte pour la planète aujourd’hui ?  

Les 8,5 milliards d’habitants qui se profilent en 2035. Du point de vue du climat, c’est une sorte de bombe à retardement qui va nous sauter en pleine gueule: les moins bien lotis d’entre nous et notamment les pays du tiers-monde vont vouloir, à un moment ou à un autre consommer « à l’occidentale ». Dès que leur niveau de vie aura légitimement décollé, la machine à produire va s’enrayer. Vers 2045 nous serons 10 milliards ou plus sur la planète ! C’est très inquiétant car il y a déjà des millions et des millions de gens qui n’arrivent pas à subvenir à leur besoin sur terre. Tant du point de vue alimentaire que de l’accès à l’eau ! La prospérité c’est bien mais encore faut-il être capable de la partager équitablement et sans mettre en péril notre environnement.

Ensuite il y a un problème de conscience : à quoi ressemblera le monde sans animaux sauvages, sans vie marine ? Tout ça  parce qu’une seule espèce animale, la plus dangereuse,  l’homo sapiens, aura occupé toute l’espace et accaparé toutes les ressources ? Ne risquons nous pas enfin des tensions, des guerres, si notre monde est encore plus surpeuplé, entassé ? Ou va-t-on trouver la paix et le calme ? Le dépaysement ? Le recul ? Ou trouvera-t-on des terrains libres et non urbanisés pour avoir un contact avec la Nature ? Étant enfant, je me suis construite en explorant les plaines, les bois, et en jouant dans des endroits libres et envahis par la végétation. D’où va venir l’éveil de la jeunesse en 2045 ?

Comment devient-on une meilleure personne selon vous ?

Pour moi, devenir une meilleure personne signifie penser moins à moi-même et plus aux autres, utiliser sa célébrité pour faire du monde un meilleur endroit.

 

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans Néoplanète 32

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Frank ROUSSEAU, grand reporter et pur produit de la mondialisation ! Elevé en partie en Afrique, au Canada, en Nouvelle Calédonie. Eduqué en France puis dans les Universités américaines, il se passionne ensuite pour l’histoire de l’art et celles de civilisations avant d’intégrer le Figaro Quotidien. Journaliste freelance, il partage désormais son temps entre l’oligopole de Los Angeles et un petit village des Yvelines…