Quelle époque éthique !

Italie : la monnaie locale qui amortit la crise

Sans titreUne monnaie alternative et un système de crédit qui fait la part belle à la confiance, c’est le Sardex, qui fonctionne en Sardaigne depuis 2010.

3500 entreprises en font partie et le système fait des émules en Italie.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

En Sardaigne, l’une des régions les plus pauvres d’Europe, un système d’échange alternatif aide l’île à amortir la crise économique. Un système de crédit amical, sans intérêts et sans délai de paiement.

On voit beaucoup de monnaies locales émerger ici et là et le Sardex est un exemple intéressant. Il s’agit d’une monnaie complémentaire d’échange entre entreprises, lancée en 2010 pour aider l’économie locale à sortir de la crise liée aux sub-primes et à la faillite des banques. En Sardaigne, comme ailleurs les banques ne prêtent qu’aux riches, donc 5 jeunes gens de l’île ont inventé cette nouvelle monnaie. C’est une monnaie indépendante qu’on n’achète pas avec des euros mais qui obéit à un schéma simple basé sur la confiance.

Ça fonctionne comment ?

Pour entrer dans le réseau Sardex, vous payez quelques centaines d’euros/an selon la taille de votre entreprise. Quand vous achetez quelque chose à une autre entreprise du réseau, votre compte est à découvert mais nous n’avez pas à payer un intérêt comme dans une banque. Votre seule obligation est de sortir du rouge, en vendant à votre tour quelque chose en Sardex dans un délai raisonnable (12 mois) à n’importe quelle autre entreprise du réseau. Pour trouver cette entreprise, vous pouvez téléphoner à l’un des 16 « brokers » de Sardex qui connaissent bien les 3500 membres du réseau et vous aideront à trouver.

C’est en effet assez simple et le principe fonctionne bien ?

Depuis sa création en 2010, le marché Sardex a triplé tous les ans pour atteindre en 2016 un volume de transactions de 70 millions d’euros ! La start-up fait travailler aujourd’hui 50 salariés et apporte à la Sardaigne 0.3 point de PIB. En Italie, le réseau Sardex a fait une dizaine de petits, en Vénétie, en Lombardie, dans le Piémont ou en Sicile… Et les fondateurs de Sardex ne comptent pas s’arrêter là. La prochaine étape, c’est l’international, avec des contacts noués avec la Grèce, l’Équateur ou le Kenya. Des économistes du monde entier viennent les voir, ils ont reçu une mission interministérielle française et même la Banque européenne d’Investissement !   « Nous allons résoudre les problèmes liés à la distribution de crédit dans le monde entier », affirmait dans L’Obs, Cesare Ravaglia, le directeur financier de Sardex, en espérant qu’il ne prenne pas la grosse tête.

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