Quelle époque éthique !

Il ne fait pas bon être une femme en Russie

Le parlement russe s’est prononcé pour la dépénalisation des actes de violences conjugales. Afin de protéger ce qu’ils estiment être la tradition familiale russe, c’est-à-dire et avant tout l’autorité d’un père et d’un mari. Une décision rétrograde prise à la quasi-unanimité.

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Tout le monde a été sidéré quand en Russie, la chambre basse du parlement a voté la dépénalisation pour les auteurs de violences conjugales.

D’autant plus incroyable qu’il n’y a eu aucun débat ! 368 députés sur 370 ont approuvé ce projet de loi ! C’est d’autant plus invraisemblable que les russes ont été très novateurs en la matière comme le rappelle l’Humanité : c’est en 1917 que les révolutionnaires d’Octobre ont donné aux femmes le droit d’accéder à des responsabilités et métiers masculins. Et avaient instauré des sanctions pour les auteurs de violences familiales. 3 ans plus tard, les femmes avaient obtenu le droit à l’avortement. Pourtant, cette loi de 2017 veut supprimer du Code Pénal ces charges portant sur les violences domestiques. Le but est de rétablir l’autorité patriarcale, un homme qui bat sa femme ou son fils ne risquera qu’une simple amende et éventuellement des travaux d’intérêt généraux. Et une petite peine s’il recommence dans l’année… Si ce n’était pas si triste, on s’en taperait le derrière de rire !

Comment ça se fait, comment a été présenté ce projet auprès des députés ?

La tradition familiale russe, figurez-vous, doit être protégée ! Le pire est que le projet est porté par une femme, la députée ultra-conservatrice Yéléna Mizoulina qui est aussi présidente du comité sur la famille et les affaires féminines. Elle a déclaré : « Dans la culture de la famille traditionnelle russe, les relations parents/enfants sont construites sur l’autorité de la puissance des parents. Les lois doivent soutenir cette tradition familiale ». C’est déjà à elle qu’on doit une loi interdisant l’adoption d’enfants russes par des étrangers et de plusieurs autres pour lutter contre « la propagande homosexuelle ». Elle avait l’année dernière déposé un projet de loi visant à restreindre l’accès des femmes à l’avortement ne le rendant plus légal qu’en cas de viol ou de maladies avérées… Une femme qui aime bien défendre les autres femmes, quoi !

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