Environnement :

Gérer la haute mer : un débat houleux

En novembre prochain, le Maroc accueillera la Cop22. L’occasion pour les politiques de parler des problèmes environnementaux et tenter de trouver des solutions. Mais, en attendant, d’autres négociations ont déjà eu lieu, notamment sur la gouvernance de la haute mer.

Crédit : Squeeze - Pixabay
Crédit : Squeeze – Pixabay

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

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Au printemps dernier, les politiques du monde entier (ou presque) se sont réunis pour traiter de la gestion de la haute-mer. C’est à dire ?

C’est une question capitale : qui doit gérer la haute mer, qui représente 55% de la surface de la Terre ? Pour l’instant comme elle n’appartient à personne, elle est soumise à tous les appétits sans aucune législation. Il faut établir un traité international de la haute mer entre 190 pays ! Entre le 28 mars et le 8 avril, des négociations se sont ouvertes au siège des Nations Unis à New York après plus de 10 ans de préparation car c’est en 2006 qu’un groupe de travail avait été constitué sous l’égide du BBNJ, organisme de la Biodiversité au-delà des juridictions nationales. Ce groupe a donc enfin présenté un projet définissant 4 thèmes de discussion : les ressources génétiques marines, le partage des bénéfices de leur exploitation, la création d’aires marines protégées et l’étude d’impact sur l’environnement avant n’importe quel chantier d’exploration ou route maritime.

Etant donné tous les intérêts financiers, ce doit être extrêmement complexe…

Les Etats-Unis partent du principe pour les ressources que le 1er arrivé sur le lieu est le 1er servi. Normal vu leurs richesses en côtes maritimes. La Russie, le Canada et le Japon sont contre des mesures trop restrictives en matière de pêche quand la Chine et les pays en voie de développement, les pays du G77 veulent que la mer bénéficie du statut de patrimoine commun de l’humanité. Cela semble logique mais la grande majorité des brevets issus des ressources maritimes viennent des États-Unis, du Japon et de l’Allemagne qui freinent des quatre fers. L’Union européenne propose un mécanisme de répartition des bénéfices et, en échange, la création d’aires marines qui seraient protégées de l’activité humaine pour préserver la biodiversité et l’étudier car on la connaît très mal.

On imagine les heures de discussion ! La prochaine étape ?

2018 avec 4 rencontres et l’objectif d’un accord international qu’il faudra ensuite mettre en place. C’est pas gagné ! Et pendant ce temps, l’exploitation des fonds marins s’intensifie. Les pêcheurs vont de plus en plus loin pour trouver encore du poisson avec de véritables usines flottantes. L’exploitation du pétrole mais aussi du nickel, du cobalt ou du cuivre explose. 90% du trafic mondial transite par les océans, bref la mer a besoin qu’on la protège.

 

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Marion Bordier

Férue de lecture, de photographie, d'écriture mais aussi de découverte de nouvelles contrées et cultures, le journalisme semble être une évidence pour Marion.