Santé :

Gare aux nanoparticules, elles sont partout !

Minuscules, les nanoparticules se faufilent partout, même dans notre organisme. Et ce, par voie respiratoire, lymphatique ou encore nerveuse. Elles se retrouvent alors dans le cerveau ou encore dans le placenta de femmes enceintes. Pourtant émises par les véhicules diesel et présentes dans les cosmétiques mais aussi la nourriture, leur impact sur la santé reste jusqu’alors méconnu.

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

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Encore un sujet anxiogène, les nanos particules. Tentons d’y voir clair. Tout d’abord, qu’est-ce que c’est ?

Ce sont des assemblages d’atomes de nature très variée (carbone, argent, or, titane, cadmium, zinc entre autres) qui peuvent s’organiser en agrégats ou former des sphères, des tubes, des feuillets, etc. Les nanoparticules peuvent se former naturellement après une éruption volcanique par exemple ou de façon industrielle volontairement ou accidentellement. Aujourd’hui vous pouvez en trouver partout : dans votre ketchup, votre crème de soin, vos vitres, votre pantalon de jogging ou encore dans votre voiture car le nanomètre est 100 fois plus petit que le diamètre d’un cheveu. Il permet donc de créer des matières dont on peut faire toutes sortes de choses : des vitres « autonettoyantes », du béton « antisalissure », des matériaux ultralégers ou ultrarésistants, etc.

Crédit : Alexas Fotos
Crédit : Alexas Fotos – Pixabay

Pourquoi faut-il se méfier de ces nanoparticules ?

Parce que jusqu’ici on en a utilisé en masse sans connaître leurs effets à long terme. Et les questions commencent à fuser. Certains interrogent l’éthique car c’est la voie vers l’« Humain amélioré ». Ensuite, des chercheurs suisses ont récemment retrouvé des néoparticules dans le placenta d’une femme enceinte qu’elles avaient réussi à traverser pour rejoindre le fœtus. Côté environnement, le rapport de l’OCDE de mars 2016 reconnaît une méconnaissance inquiétante du sujet : « La possible transformation des nanomatériaux dans le sol, leurs interactions avec les plantes et les bactéries, et leur transfert dans les eaux superficielles n’ont jamais été étudiés en profondeur ».

Crédit : WenPhotos
Crédit : WenPhotos – Pixabay

Une législation peut permettre de jouer les garde-fous et de nous éviter un scandale comme l’amiante ?

Depuis 2003, le comité d’éthique du CNRS (Comets) y travaille et depuis janvier 2013, on doit déclarer la fabrication et l’importation de substances néoparticulaires. Signalons que la France est le premier pays à instituer une telle obligation. Le sujet est très nouveau, les études se contredisent, les technologies ne sont pas assez avancées. Bref il faut rester prudent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui d’où la demande des Associations de consommateurs ou de protection de l’environnement pour plus de transparence. Faut-il avoir peur ? Voici la réponse de Hans-Peter Nägeli, directeur de l’Institut de Toxicologie de l’Université de Zurich « La peur ne sert à rien : le consommateur n’a aucun moyen d’évaluer à quelle dose ces substances sont utilisées dans les produits. A mon avis, ce que le consommateur devrait faire, c’est se nourrir de façon saine. C’est le plus important. Il évite ainsi les produits finis qui contiennent des nanoparticules ».

Crédit : Pons Photography
Crédit : Pons Photography – Pixabay

Pour en savoir plus, nous vous conseillons le livre « Faut-il avoir peur des nanos ? » de Francelyne Marano aux éditions Buchet Chastel.

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Marion Bordier

Férue de lecture, de photographie, d'écriture mais aussi de découverte de nouvelles contrées et cultures, le journalisme semble être une évidence pour Marion.