Quelle époque éthique !

Forage pétrolier : l’Arctique en danger

La Norvège a délivré 10 licences de forage en Arctique dont l’une est dangereusement proche des limites de la banquise… Un scandale selon les ONG qui portent plainte.

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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Après avoir autorisé la prospection pétrolière dans l’Arctique, la Norvège est dans le collimateur des défenseurs de l’environnement

La branche nordique de Greenpeace et l’ONG norvégienne Natur Og Ungdom (Nature et Jeunesse) ont porté plainte car elles estiment que le gouvernement norvégien a violé l’Accord de Paris sur le climat ainsi que la constitution norvégienne, dont l’article 112 garantit le droit du peuple à un environnement sain pour cette génération et les générations futures. C’est la première fois que l’on invoque l’Accord de Paris dans une plainte contre un pays : la Norvège avait été l’un des premiers pays à ratifier cet accord international qui a pour ambition de limiter la hausse des températures en dessous de 2°. Le responsable de Greenpeace Norvège a d’ailleurs dénoncé « un acte dangereux d’hypocrisie ».

Car la Norvège est face au déclin des gisements d’hydrocarbures en mer dont la production a reculé de moitié depuis 2000.

Donc il faut monter de plus en plus haut au Nord pour trouver de nouvelles réserves : en mai dernier, on a donc délivré 10 licences de forage à 13 groupes pétroliers dans les eaux arctiques de la mer de Barents. Trois de ces licences sont situées dans une région maritime frontalière jusque-là inexplorée que la Norvège et la Russie se sont longtemps disputée, jusqu’à la conclusion d’un accord en 2010. L’une de ces zones, la plus septentrionale, inquiète les ONG à cause de sa proximité avec les limites de la banquise. L’Arctique serait, selon plusieurs études, un gigantesque réservoir d’hydrocarbures. En 2008, une étude de l’administration américaine évoquait 13% des réserves mondiales et une cinquantaine de milliards de m3 de gaz (soit plus d’1/4 des réserves mondiales). De quoi attiser bien des convoitises. Malgré les enjeux environnementaux et les risques énormes de pollution dans l’utilisation des produits chimiques pour les forages et surtout en cas de fuite. On pensait que la chute des cours du pétrole entraînerait l’abandon de ces recherches en Arctique qui sont très coûteuses… Manifestement, en Norvège, on est d’un autre avis.

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.