Quelle époque éthique !

Femmes et art, la génération qui décoiffe

2016NakedVerticalReprésenter des femmes normales et forcément imparfaites, faire exploser en vol les représentations gros seins/taille extra-fine/hanches extra rondes que l’on doit aux hommes, c’est le credo de ces jeunes illustratrices qui explosent sur le net.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

De jeunes illustratrices explosent sur le net en se jouant des diktats imposés par la mode et en questionnant la représentation de la femme dans notre société.

Elles ont moins de 30 ans et c’est la nouvelle tribune qui monte sur Instagram. Leur point commun : elles sont totalement décomplexées. On citera pêle-mêle : Laura Callaghan, Irlandaise, Sara Andreasson, Suédoise, Julie Houts, Américaine, Cécile Dormeau et Agathe Sorlet, Françaises. Sans oublier la mystérieuse Petites Luxures (au pluriel) dont on pense qu’elle est une femme et dont le magazine Elle précise qu’elle compte près de 600 000 abonnés ! Leur credo ? Représenter des femmes normales et forcément imparfaites et faire exploser en vol les modèles à l’américaines imposées par les magazines : gros seins/taille extra-fine/hanches disproportionnées. Ça fait du bien, c’est incisif et parfois c’est une démarche artistique très intéressante.

Ce sont donc les dignes héritières des mythiques Guerrilla Girls, dont le Frac Lorraine à Metz expose une rétrospective jusqu’à dimanche ?

Elles ont forcément suivi le parcours de ce collectif américain incroyable. Mais les Guerrilla Girls, depuis leur naissance en 1985, sont avant tout des activistes. Leur propos ce n’est pas tant l’art que le combat contre le sexisme dans l’art : les galeries à l’écurie exclusivement masculine, les critiques d’art sexistes ou les musées qui font peu de place aux artistes femmes. Elles organisent des conférences, placardent des affiches avec des statistiques dénonçant les discriminations et manifestent toujours affublées d’un masque de gorille tout droit issu de la planète des singes et très symbolique sur le pouvoir machiste qui règne encore nos sociétés. Avec ces masques, elles revendiquent cet anonymat et ont donné une force à leur combat car on ne les connait pas mais on ne connait qu’elles ! Ce sont leurs happenings, leurs posters et affiches que l’on peut découvrir à Metz, comme celle-ci qui titre « Est-ce que les femmes doivent être nues pour pouvoir entrer au Met. Museum ? » ; quant au sous-titre il enfonce le clou : « Moins de 4% des artistes exposés dans la section moderne sont des femmes mais 76% des nus sont féminins ! ».

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