Terre de Femmes 2016 :

La femme est l’avenir de la nature

Elles sont primatologue ou urbaniste, elle se battent pour sauver des lémuriens, soigner les enfants autistes grâce aux chevaux ou transformer des terres  arides en jardins partagés… Cette année, le Prix Terre de Femmes a encore récompensé des femmes exceptionnelles.
Delphine Roullet ©J-Y Robert
Delphine Roullet ©J-Y Robert

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

Écoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

Comme chaque année, pour la Journée des droits des femmes, la fondation Yves Rocher remet le Prix Terre de Femmes à celles qui s’investissent dans des projets pour la sauvegarde du monde végétal. Le cru 2016 est-il bon ?

C’est un prix formidable car, depuis 15 ans, il donne un éclairage à toutes sortes de femmes qui remuent terre et ciel et que, le plus souvent, on ne connaît pas. Elles viennent de 9 pays : France, Allemagne, Suisse, Russie, Maroc, Portugal, Ukraine, Mexique, Turquie. Cette année, le 1er prix a été remis à la primatologue Delphine Roullet qui travaille, à travers son association Helpsimus, à la sauvegarde des lémuriens de Madagascar, plus précisement du parc national de Ranomafana. Elle a mis au point le programme Bamboo Lemurqui qui suit les grand hapalémurs, animaux de la famille des lémuriens et qui protège son habitat. Ce programme aide aussi les villages aux alentours en finançant l’éducation des enfants et en leur enseignant des techniques agricoles autre que le brûlis, qui est souvent synonyme de déforestation. On leur enseigne, par exemple, la culture de plantes pour fabriquer des huiles essentielles.

Est-ce que ça fonctionne ? Parce qu’on entend souvent dire que les lémuriens sont en train de disparaitre.

Oui, ça marche ! C’est la bonne méthode : il ne suffit plus de protéger seulement un animal, il faut aussi aider les populations locales. Les résultats sont là puisque, grâce à l’association Helpsimus, les grands hapalémurs ont été retirés des 25 espèces de primates les plus menacés au monde. C’est une belle victoire ! La deuxième lauréate travaille dans un autre domaine : l’agroécologie. Anne Maltons est une ancienne avocate. Elle a acheté une propriété agricole de 140 hectares pour la transformer en « Village de Fraisse, Terre d’Avenir », un centre agro-écologique pilote qui accompagne des autistes grâce à l’équithérapie. Elle en a eu l’idée après avoir lu L’Enfant Cheval de Rupert Isaacson. Ce livre raconte la quête d’un père en Mongolie pour guérir son fils autiste, notamment à travers l’équitation. Elle fourmille de projets comme la création d’une école Montessori pour enfants autistes ou non.

Ce sont en effet de beaux modèles de femmes ! A qui le troisième prix a-t-il été donné ?

A l’urbaniste Magali Queyranne pour ses jardins partagés. Elle pratique l’agriculture participative dans un quartier pauvre de la banlieue de Lima, au Pérou. Avec son association Du vert pour Lima, de la vie pour Mangomarqa, elle s’oppose pacifiquement au trafic des terres par les mafias locales. Elle plante des arbres, transforme la terre aride en jardins, a fabriqué un système d’irrigation et forme la population à la culture des fruits et des légumes. Bref nous sommes le 11 Mars, il ne suffit pas d’une seule journée pour raconter tout ce que les femmes font pour notre monde !

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Cette chronique a été diffusée le 11 mars sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.