Survie des espèces :

Faut-il ressusciter les animaux ?

Depuis l’apparition des espèces vivantes sur Terre le problème de la disparition a commencé à se poser. De nombreux animaux ont déjà régulièrement trépassé au cours des cinq premières extinctions. Pour contrer la sixième, qui serait imminente, certains scientifiques voudraient parvenir à ressusciter des espèces disparues. Est-ce bien sérieux?

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

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Alors que les animaux sauvages sont souvent en voie de disparition certains voudraient ressusciter des animaux disparus ?

Alors aujourd’hui on parle carrément de la sixième extinction donc depuis la création de la Terre il y a 4,5 milliards d’années notre planète a connu 5 extinctions massives qui à chaque fois ont fait disparaitre énormément d’animaux : donc y’a eu la crise de l’Ordovicien y’a 440 millions d’années, celle du Dénovien supérieur, ensuite la crise du Permien qui est la plus importante car elle a éliminé 95% des animaux : c’était il y a 250 millions d’années. Il y a eu la crise du Trias et enfin la plus connue celle du Crétacé Tertiaire qui a fait disparaitre les dinosaures. Et selon de nombreux scientifiques notre ère présente les signes d’une sixième crise imminente avec le dérèglement climatique et forcément certains tentent de trouver la parade.

Ça veut dire quoi, en tentant de ressusciter des animaux morts ?

Exactement. C’est le programme Lazarus du professeur Michael Archer et de son équipe de l’université de Nouvelle Galle du Sud en Australie. Depuis 2008 il travaille sur un principe qui en soit est assez simple : extraire des noyaux porteurs d’ADN pour les transplanter dans l’oeuf d’une espèce vivante la plus proche possible puis l’inséminer pour produire un embryon génétique très similaire qui permettrait un jour la résurrection de l’espèce. Alors pour l’instant les essais se font sur une espèce de grenouille qui officiellement a disparu en 2001 mais certainement qu’elle est éteinte depuis 1983. Mais enfin les embryons n’ont survécu que quelques jours donc pour l’instant ça ne marche pas et on est pas prêts d’entendre notre grenouille croasser de nouveau.

D’autant plus que ça pose tout de même quelques questions éthiques ?

Alors elles sont nombreuses et très complexes : est-ce que l’homme peut continuer à faire ce qu’il veut avec la nature ? Plutôt que de consacrer de gros budgets et des années de travail à ressusciter des espèces est-ce qu’il ne ferait pas mieux de protéger celles qui arrivent encore à subsister ? Pire, si on peut ramener réellement des espèces à la vie  du coup certains ne vont-ils pas massacrer ? Je pense à des chasseurs, à des braconneurs qui vont se dire « ben génial on va y aller on va tout massacrer mais c’est pas grave un jour on les fera revivre ». Et puis dernière question, si comme les ogm un jour on était entourés d’animaux qui soient tous génétiquement modifiés, ça serait quand même le cauchemar non ?

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.