Fabrice Peltier, le poète de l’emballage

Créateur de plus de 10 000 produits de grande consommation, Fabrice Peltier est reconnu comme un expert du design-packaging et un fervent défenseur de l’éco-design. Fondateur de la DesignPack Gallery à Paris, il change notre regard sur les emballages avec pragmatisme et humour. Un travail à découvrir à travers trois expositions enthousiasmantes.

Découvrez ci-dessous l’interview de ce défenseur de l’éco-packaging.




Comment l’idée de dédier un endroit aux emballages a t-elle germée dans la tête de Fabrice Peltier ? (3’20)

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/04/VIP-Fabrice-Peltier-Comment-l-idee-de-dedier-un-endroit-aux-emballages-est-elle-nee.mp3|titles=VIP Fabrice Peltier – Comment l idee de dedier un endroit aux emballages est elle nee]

Qu’est-ce qu’un éco-packaging ? (2’35)

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/04/VIP-Fabrice-Peltier-Qu-est-ce-qu-un-eco-packaging.mp3|titles=VIP Fabrice Peltier – Qu est ce qu un eco packaging]

La création de l’Allée du recyclage que l’on peut admirer dans le métro : un honneur pour les déchets (3’17)

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/04/VIP-Fabrice-Peltier-La-creation-de-l-Allee-du-recyclage-que-l-on-peut-admirer-dans-le-metro-un-honneur-pour-les-dechets.mp3|titles=VIP Fabrice Peltier – La creation de l Allee du recyclage que l on peut admirer dans le metro un honneur pour les dechets]

L’observatoire du BHV a été transformé en un jardin surprenant avec, en son centre, un arbre géant constitué de 6200 bouteilles, quel est le jardin recyclé parfait de Fabrice Peltier ? (4’03)

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/04/VIP-Fabrice-Peltier-l-observatoire-du-BHV-a-etre-transforme-en-un-jardin-surprenant-quel-est-ce-jardin-recycle-ideal.mp3|titles=VIP Fabrice Peltier – l observatoire du BHV a etre transforme en un jardin surprenant, quel est ce jardin recycle ideal]

Version écrite de l’interview à retrouver dans le Néoplanète n° 21 du mois de mai 2011

Comment l’idée de dédier un endroit aux emballages a-t-elle germée dans votre tête ?

Je faisais déjà partie d’une association de défense de l’environnement en Lozère : je nettoyais des dépôts d’ordures sauvages pour rendre la nature un peu plus propre. Sa protection est un problème d’éducation, et non économique. D’ailleurs, je m’oppose au principe du pollueur-payeur et même à celui de la compensation carbone. Les designers sont responsables de ce qu’ils créent et de l’empreinte écologique des produits. J’ai très souvent éprouvé de la culpabilité à voir les emballages que j’avais réalisés dans les caniveaux. Je me suis engagé à une époque où on ne débattait pas autant de toutes ces questions. Aujourd’hui, on en parle, et c’est tant mieux ! L’exposition L’Arche du recyclé présente, par exemple, des animaux 100 % recyclés et 100 % recyclables. Il s’agit de toute une faune terrestre et marine conçue à partir de déchets d’emballages métalliques, de canettes, de sacs plastique que nous jetons.

Vous avez aussi conçu L’Allée du recyclage que l’on peut admirer dans le métro (station de métro Palais-Royal – Musée du Louvre). Quel honneur pour les déchets !

Si le 1er arrondissement de Paris est celui qui compte le moins d’habitants, il est celui qui produit le plus de déchets car c’est un quartier très touristique. Mes expositions sont dénuées de tout propos culpabilisant ou bien répressif. Il faut cesser de montrer des dauphins sur la plage ou des ours en train de se noyer dans la mer. Oui, ça existe, mais comment voulez-vous que cela sensibilise le Parisien à trier et à recycler ? Je veux le toucher grâce au côté émotionnel de l’objet. C’est le message de cette Allée du recyclage. C’est une galerie d’art et d’artisanat pour expliquer le tri, le recyclage… de façon didactique, ludique et positive, car tant qu’on parlera négativement des détritus, et qu’on les mélangera aux crottes de chien, ça n’ira pas. Je veux rendre le geste de jeter beaucoup plus fun.

Vous avez transformé l’observatoire du BHV en un jardin surprenant avec, en son centre, un arbre géant constitué de 6 200 bouteilles en plastique. Décrivez-nous ce jardin recyclé idéal…

C’est un jardin qui conserve le carbone. Ceux qui travaillent dans le secteur du recyclage mettent souvent en exergue la célèbre citation de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Cela ne veut pas toujours dire qu’il faut revenir à la case départ. D’un emballage que l’on détruit, on n’en fait pas forcément de la matière première. Je prône une solution de recyclage qui est une réponse d’avenir : se servir de sa matière première pour fabriquer d’autres objets, en imaginant des nouveaux cycles de vie. Par exemple, les fleurs en PET (polyéthylène téréphtalate) que l’on peut admirer dans Le Jardin recyclé du BHV ont été réalisées par des membres de l’association Camino, près de Nîmes. Ils ont découpé le bas des bouteilles en forme de fleurs et, moi, j’ai modifié le haut. Rien ne se perd, tout se transforme : avec une bouteille en PET, j’en obtiens deux. Les poules et les fleurs conçues avec des canettes, elles, ont été créées par des associations de réinsertion en Afrique du Sud. Ces dernières récupèrent les sacs plastique pour qu’ils arrêtent de voler dans la nature. Enfin, les jolies fleurs métalliques viennent des Philippines. Certes, on doit les acheminer, mais ce sont les savoirs-faire locaux qui m’intéressent. Si on peut « switcher » avec de l’emballage ce que produisent ces artisans, on pourra changer de matériau. En Afrique du Sud, on trouvait déjà des poules en tissu et, aux Philippines, nombre d’objets en métal, mais pas à base d’emballages. Cela m’a permis de créer une sorte de retour à l’envoyeur. En tout cas, d’en mettre moins dans la mer ou ailleurs.


Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.