Santé :

Excès d’antibiotiques, et demain ?

Les antibiotiques, c’est toujours automatique ! Malgré les messages d’alerte nous en consommons de façon excessive ce qui entraîne un résistance aux antibiotiques qui inquiète les médecins.

Pixabay
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Yolaine de la Bigne est partie quelques jours « changer d’ère » ; nous vous proposons de réécouter l’une de ses chroniques diffusée chaque matin du lundi au vendredi, à 7h52 dans « Un monde plus vert » (rediffusée à 17h27) et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

Écoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

Dans le domaine de la santé, on voit arriver l’antibiorésistance. Elle pose des problèmes en cas de maladies importantes qu’on ne soigne qu’avec des antibiotiques.

C’est un phénomène qui explose car nous prenons trop d’antibiotiques. Les médecins en prescrivent un peu systématiquement par souci de sécurité. Et surtout, l’élevage intensif en utilise de façon excessive et donc les mangeurs de viande en avalent tous les jours sans le savoir. Résultat : des maladies comme la pneumonie ou la tuberculose deviennent de plus en plus difficiles à soigner à cause de souches résistantes aux antibiotiques. Selon le rapport du groupe de travail spécial pour la préservation des antibiotiques, paru en juin 2015 : « En France, chaque année, plus de 150 000 patients développent une infection liée à une bactérie multirésistante, et plus de 12 500 personnes en meurent. »

La solution serait donc de baisser la dose de ces antibiotiques ?

Oui, avec des campagnes de pub comme « les antibiotiques c’est pas automatique » pour que les médecins mais aussi les patients soient plus raisonnables. On sait par exemple qu’un antibiotique ne sert à rien en cas de virus ou de champignons. Il faut aussi que l’élevage intensif change ses méthodes (l’INRA travaille d’ailleurs sur des algues marines qui pourrait quasiment les remplacer). De leur côté, les scientifiques doivent travailler la question de façon internationale pour être alertés lors de l’apparition d’une souche résistante et ainsi mieux comprendre les mécanismes de résistance, afin de créer de nouveaux antibiotiques et des alternatives. Enfin, il faut développer la phagothérapie qui a eu son succès dans les années 20-30 avant d’être abandonnée au profit de l’antibiothérapie. Le 18 février à l’Assemblée nationale, à Paris, il y a eu d’ailleurs un colloque pour inciter les parlementaires à adopter un cadre légal de la phagothérapie.

Mais, alors que le souci des antibiotiques n’est pas nouveau, pourquoi on entend parler de la phagothérapie seulement maintenant ?

Cette méthode consiste à utiliser des phages, des virus qui infectent des bactéries et les détruisent sans créer d’effet secondaire. Ces amis, qu’on appelle les « mangeurs de bactéries », vivent dans nos intestins mais aussi dans l’environnement. Ils ne sont donc pas brevetables et ne sont pas intéressant d’un point de vue économique pour les laboratoires ! Un des rares pays qui utilisent toujours cette technique est la Géorgie où se rendent régulièrement des patients atteints d’infection bactérienne qui ne peuvent plus être soigner avec des antibiotiques. Les choses vont changer mais c’est une preuve de plus que, décidément, c’est l’argent qui mène le monde !

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Cette chronique a été diffusée le 16 mars sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique.

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Sylvie Nadin

Après un master en sciences de l'atmosphère et de l'océan, Sylvie débute une formation en journalisme. La science doit être accessible à tout le monde et pas qu'aux scientifiques ! Face aux problèmes environnementaux actuels, elle s'engage personnellement dans la voie de l'écologie. Souvent pessimiste, elle croit tout de même qu'un avenir radieux est possible, si on se donne la peine de le construire.