Quelle époque éthique !

Europe, pesticides et bio : un débat houleux

Le règlement européen de l’agriculture biologique qui définit le cahier des charges pour toute la filière certifiée bio dans l’Union doit être révisé en fin d’année. Et les discussions sont houleuses…

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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Personne ne conteste l’utilité de cette mise à jour de la réglementation puisque la dernière date déjà de 2007. Ce qui pose problème, c’est la proposition de la Commission d’instaurer des seuils de produits non autorisés, pesticides et OGM, au-dessus desquels un produit bio perdrait automatiquement sa certification. Actuellement, les contrôles qui garantissent le label bio portent sur les moyens : ils veillent à ce que les précautions soient prises à tous les niveaux de la chaîne de production – agriculteur, transformateur, transport, distributeur etc-, ils vérifient la non-utilisation de pesticides de synthèse. Mais les analyses sur le produit fini ne sont pas systématiques ; si elles détectent une substance interdite dans un produit, son déclassement n’est pas non plus automatique. Et les produits ainsi détectés continuent à être commercialisés comme produits bio.

Le zéro pesticide dans les produits bio… ce n’est donc pas garanti !

En effet, mais le niveau de pesticides est incomparablement plus bas que dans un produit conventionnel. Mais, même minime, ce n’est pas bon pour la réputation de la filière, pour la Commission Européenne qui propose que les produits bio soient soumis aux mêmes seuils que ceux en vigueur dans l’alimentation pour bébé. Une proposition retoquée par le parlement. Et contre laquelle s’insurge toute la filière bio. Le marché du bio a en effet quadruplé en 10 ans : la mise en place de ces seuils risque de porter un coup d’arrêt à ce secteur en pleine expansion. Et ce serait injuste car les fermiers bio travaillent sur des territoires cultivés à 94% de façon conventionnelle, ils ne sont donc pas à l’abri de contaminations accidentelles. François Veillerette de Générations Futures explique qu’on « ne doit pas faire porter l’effort uniquement par le producteur bio sous prétexte de faire une bio plus blanc que blanc ». Un principe de réalité que le consommateur doit accepter, le zéro pesticides ne peut exister en tout cas aujourd’hui, c’est pour ça que le bio doit être encouragé ! Pas parfait mais bio quand même.

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.