Mer :

Espèces exotiques invasives, à l’abordage !

Sargasse, huître japonaise, crépidule, poisson lapin… nombreuses sont les espèces animales ou végétales qui colonisent nos côtes et estuaires et qui deviennent invasives. Que faire ?

Codium fragile 6, Viltwier, Saxifraga-Peter Meininger
Codium fragile, Viltwier, Saxifraga-Peter Meininger freenatureimages.eu

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

Version écrite  :

On parle souvent d’espèces végétales ou animales invasives, il y en a aussi beaucoup dans la mer.

Crépidule
Crépidule

Car la mer vit aussi à l’heure de la mondialisation et avec l’industrialisation, nous avons sans le savoir importé de nombreuses espèces exotiques. En France aujourd’hui, 314 espèces parasites, animales et végétales ne sont pas à leur place le long des côtes métropolitaines. Elles sont venues sur la façade Manche/Atlantique avec le déballastage (le fait de vider l’eau des flotteurs d’un bateau à l’arrivée), ou alors elles sont arrivées car elles s’étaient accrochées aux coques de bateaux, ou encore l’homme les a fait venir pour faire de l’aquaculture. Bref, rien que de très normal sauf lorsqu’on prend conscience que l’invasion biologique est considérée comme la 2e cause d’appauvrissement de la biodiversité ce qui a un impact environnemental, sanitaire, économique ou culturel.

Quelles sont ces espèces invasives ?

Un exemple, le codium fragile, une algue originaire de l’Indo-Pacifique qui résiste particulièrement bien aux changements de température et de salinité. Du coup, elle est en train d’envahir les côtes françaises au point de menacer les installations aquacoles et l’élevage de coquillages. Dans le genre un peu collant aussi, le Crabe à pinceaux japonais, apparu sur la côté Atlantique au milieu des années 90. Originaire du Pacifique Nord, il est arrivé tranquillement scotché aux coques de bateaux et aujourd’hui, il menace le crabe vert.

Que faire ?

le-guide-des-organismes-exotiques-marins_catcherPhilippe Goulletquer qui est directeur scientifique adjoint à l’Ifremer et spécialistes des écosystèmes marins a conçu un Guide des Organismes Exotiques Marins que vous pouvez voir sur le site de l’Ifremer. Il explique qu’à ce jour, la seule expérience concluante est la moule à rayure noire, qu’on a réussi à exterminer dans une marina en Australie. L’opération a coûté 2,2 millions de dollars et nécessité 420 bateaux, 270 personnes et des litres de produits chimiques certainement très nocifs pour le reste de l’écosystème aussi. Le problème est donc complexe, en attendant au quotidien, l’UICN (Union International pour la Conservation de la Nature) invite les pêcheurs, plongeurs et autres à bien nettoyer leur matériel et leur bateau compris pour éviter de « prendre en stop un organisme indésirable ». Il faut aussi ne pas vider ses aquariums, mares ornementales ou viviers dans les cours d’eau naturels mais avec un collecteur en milieu urbain en se renseignant auprès de sa mairie. Bref, il faut faire gaffe aux pique-assiettes qui débarquent chez vous sans être invités !

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.