DVD : « Tous au Larzac » de Christian Rouad

Entre 1971 et 1981, il y a eu dix ans de luttes pour que le plateau du Larzac, terre paysanne, ne devienne pas un camp militaire. Ils partirent 103, ils arrivèrent des millions. Christian Rouaud se penche aujourd’hui sur cette histoire contrastée et extraordinaire. (DVD Ad Vitam Distribution à partir du 25 mai)

 


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Version écrite de la chronique

Il était une fois en 1971 un ministre de la Défense, Michel Debré, qui décida d’étendre de près de 15 000 hectares le camp militaire du Larzac. Ce qui allait de facto condamner les paysans locaux à une mort proche. L’adduction d’eau promise comme un messie salvateur par le ministre des chars et des avions, ils s’en tamponnaient grave, ce qu’ils voyaient, c’est le gel des permis de construire. En clair, cela signifie : pas de nouvelle école, pas de reconstruction d’une bergerie en péril, pas d’agrandissement de la ferme familiale, donc extinction programmée.

Contre les canons, ils allaient sortir les moutons. En toute non-violence, les hommes se sont unis aux brebis et se sont installés au Champ-de-Mars, Mars, c’est le dieu de la guerre, pas le mois du printemps, et ce champ est symbolique, initialement un terrain militaire. La police est impuissante face à des caprins en pagaille. Résultat du match : Brebis : 1/Flics : 0. Guy Tarnier devient le meneur désigné par un pandore et aussi par son charisme moustachu.

Les images des brebis sous la tour Eiffel ont fait le tour du monde.

Les 6 bergers rentrent au païs avec leurs troupeaux retrouver leurs 97 collègues au Larzac. La lutte durera jusqu’en 1981 quand l’élection de Mitterrand retournera la situation, avec des épisodes cocasses, émouvants, forts. Les pacifistes, les écolos, les hippies, les non-violents, les comités occitans, les groupes d’extrême gauche, tout le monde descend, pas facile de s’entendre, mais du début jusqu’à la fin, tous ont tout fait pour que les décisions soient prises sans que personne ne se sente lésé. Et toujours, ce sont les paysans, unis par le serment des 103, qui ont gardé la main.

Le film montre comment ces hommes ont vu grandir leur mouvement, ont souvent grimacé devant ces jeunes chevelus venus en renfort, n’ont jamais laissé échapper leur lutte, ont su déjouer les provocations.

Les acteurs d’hier, Marizette, Christiane, Pierre, Léon, témoignent aujourd’hui. Ils se souviennent quand tels des Gaulois en leur village façon Astérix, ils étaient entourés de barbelés, surveillés par un mirador. Ils se souviennent de cette marche silencieuse à Paris où entre des rangées de gardes mobiles, ils avançaient, leurs pas scandés par le bruit impressionnant des bâtons (de berger, bien sûr) sur le bitume.

La lutte pour Gardarèm lo Larzac résonne 41 ans après avec une jeunesse et une actualité incroyable. C’était une lutte pour garder son outil de travail, pour conserver un paysage, un style de vie, des traditions. Si les ancêtres du mouvement écologiste sont « descendus » sur le plateau dans les années 70, c’est qu’ils avaient compris que là étaient leurs modèles. Aujourd’hui, leur lutte, leur solidarité, leur fraternité, leur opiniâtreté, est toujours un modèle pour qui pense que tout viendra du local et remontera au national, que les petits ruisseaux font les grandes rivières et les torrents furieux.

En guest-star, on retrouve José Bové qui en était et se souvient aussi. Et comme rien ne se perd, en plus du film de près de deux heures, il y a 3 heures de bonus.

Allez, comme on disait alors, faites labour, pas la guerre !

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir la bande-annonce de « Tous au Lazac »


Tous au Larzac Bande-annonce par toutlecine

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"Polyglotte et multimédia, curieuse de tout, avare de rien, en chapeau sur son vélo ou en lunettes en salles obscures, Monique Neubourg aime le cinéma, les livres, les parfums, les jardins, les séries américaines, les relations humaines, l'air du temps et le bruit de l'eau. Elle fait même ses shampoings bio elle-même !