Réchauffement climatique :

Des espèces exotiques qui migrent, envahissent ou disparaissent

Chaque année, 26 280 espèces animales ou végétales disparaissent, selon le site Planetoscope. D’autres migrent ou deviennent invasives. Les coupables ? Les activités humaines, l’urbanisation et le dérèglement climatique.

Sauterelle - Crédit : Pido67 - Pixabay
Sauterelle – Crédit : Pido67 – Pixabay

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Le réchauffement climatique ne fait plus aucun doute, par contre connaît-on déjà tous ses impacts ? Notamment sur les espèces animales ?

On commence à avoir des études sur les migrations des animaux qui fuient la chaleur et le journal Le Parisien en a réuni quelques unes qui donnent souvent des résultats insolites. Par exemple, on commence à voir en Bretagne de grandes sauterelles vertes, des grillons du midi, des criquets tricolores d’Italie mais aussi des hérons garde-bœufs, des aigrettes garzettes, des échasses blanches, bref des animaux méridionaux. En Bourgogne, vous rencontrerez peut-être cet été la fauvette mélanocéphale qui est remontée d’Espagne. Dans les Hauts de Seine, on a été surpris de découvrir la chenille processionnaire du pin arrivée du midi lentement mais sûrement. Des poissons tropicaux comme les raies et les grandes roussettes ont été retrouvées dans la Manche et les rougets barbets qui sont pourtant assez frileux sont heureux comme des poissons dans l’eau de Boulogne sur mer. Au total, plus de 400 espèces originales de régions tropicales ou subtropicales sont présentes en Europe, soit 5 fois plus qu’il y a 50 ans.

Mais est-ce un problème finalement ?

Ce qui inquiète les spécialistes c’est que ces espèces perturbent leur nouvel environnement en attaquant les espèces locales. On en a des exemples avec l’introduction de certaines espèces comme le lapin qu’on a souvent fait venir dans des pays pour leur fourrure et leur viande. Quelques spécimens se sont échappés et se sont multipliés en détruisant des hectares de plantations. Autre exemple des conséquences inquiétantes : les moustiques. Au Kenya, les populations de l’hémisphère sud construisaient leurs habitations en altitude (2000 mètres environ) où il faisait moins chaud et où les moustiques ne montaient pas mais, avec le réchauffement, les moustiques volent désormais à plus de 2000 mètres car le climat leur convient très bien.

Que faire ?

En cas d’invasion, les moyens sont assez barbares et inadaptés : abattage, piégeage, clôture, empoisonnement, utilisation des parasites ou de prédateurs de l’espèce invasive. Et ce n’est pas toujours suffisant. Il est sûr que notre écosystème va être bouleversé mais de nombreuses espèces s’adapteront. En attendant, on lisait récemment dans Le Monde que le premier mammifère à avoir disparu de la planète à cause du réchauffement climatique serait un rongeur australien, le Melomys rubicola, le seul mammifère endémique de la grande barrière de corail, découvert en 1845. Espérons que ce ne soit pas le premier d’une longue série…

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Marion Bordier

Férue de lecture, de photographie, d'écriture mais aussi de découverte de nouvelles contrées et cultures, le journalisme semble être une évidence pour Marion.