Quelle époque éthique !

Dark web : que la justice soit avec toi !

Le réseau de hackers Anonymous qui démantèle un site pédopornographique et des startups qui se mettent au service des entreprises mais aussi des gouvernements, c’est ça la police du dark web.
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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

Version audio :

Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Au début du mois de février, les fameux hackers Anonymous ont lancé une attaque pour faire tomber une plateforme d’hébergement de contenus pornographiques. Les hackers font justice eux-mêmes !

C’est ce que l’on appelle le Dark web, un réseau parallèle au web qui transporte des données dont l’origine est quasi impossible à tracer. Du coup, c’est le lieu de trafics en tous genres : drogues, armes, êtres humains, tout s’achète et tout se vend dans le Dark web. Freedom Hastings 2 était l’un des plus gros hébergeurs de fichiers sur ce web caché jusqu’à ce qu’un hacker des Anonymous se rende compte que la plateforme hébergeait sciemment et moyennant finances des contenus pédopornographiques. Les Anonymous ont donc décidé de faire justice eux-mêmes : ils ont fait tomber le site ainsi que les quelques 10 000 autres sites hébergés par la plateforme et ils ont vidé le disque dur et supprimé toutes les données de l’hébergeur.

C’est un vrai débat éthique : aussi bien intentionnée soit-elle, cette attaque vient de personnes privées, du coup on a envie de se dire mais que fait la police ? Existe-t-il même une police sur le Dark web ?

C’est le problème du web, ni frontières ni police ! Cela dit, les gouvernements comme les grosses entreprises commencent à s’armer ce qui crée un nouveau marché, celui de la cyber-sécurité. De nombreuses start-ups vendent leurs services pour repérer les attaques informatiques ou les fuites de données sensibles. Par exemple, on apprend dans l’Express que la société américaine Infoarmor a démantelé un réseau de pirates qui proposait l’accès à 1 milliard de comptes Yahoo pour la modique somme de 300 000 dollars.

Les Français sont aussi sur ce marché ?

Oui, comme CybelAngel qui s’est fait connaître en retrouvant la trace de plus de 15 000 adresses emails piratées sur le site de rencontres extraconjugales Ashley Madison. Ou Aleph Networks, une entreprise près de Lyon qui travaille pour le ministère de la défense, Bercy et le ministère de l’Intérieur. Toutes les entreprises de ce nouveau marché collectent le maximum de données et les filtre en fonction de mots clefs pour repérer de futures attaques. Leurs clients sont donc autant les états que les grandes sociétés, comme la petite suédoise Recorded Future qui est financée à la fois par Google et par la CIA. Si vous aimez les histoires de policiers et de gangsters, c’est sur la toile que ça se passe !

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