Biodiversité :

Creuser sous l’océan pour de l’or ?

Le 1er forage en eaux profondes est à priori prévu pour 2017. Le but ? Ramener à la surface or, cuivre et tous métaux précieux qui y ont été repérés. Au prix sûrement de la biodiversité abyssale.

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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique » ! Une chronique à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

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En 2017, on devrait inaugurer le premier forage en eaux profondes à plus de 1600 m dans une zone entre Hawaï et la côte ouest du Mexique, région marine où l’on rencontre la plus grande masse de nodules polymétalliques, ces gros galets constitués de manganèse, de fer, de silicium, de nickel, de cuivre, d’aluminium et de cobalt. Ces amas sulfurés sont comme des montagnes sous-marines, gorgées d’argent, de cuivre, de plomb, de zinc et… d’or. Or et cuivre c’est ce que la société Nautilus, basée au Canada, promet de remonter… Le potentiel minier est faramineux mais l’opération est risquée.

A cause de ses conséquences sur l’environnement ? On en aune idée précise ?

Les études environnementales, obligatoires avant toute exploitation, ont en effet commencé à délivrer leurs résultats. Une des questions principales est de savoir s’il y a des animaux qui vivent là, entre 4000 et 5000 m de profondeur  sur les 9 millions de km2 de cette zone du Pacifique ? Et contrairement à ce qu’ont toujours affirmé les entreprises minières, les résultats, publiés dans Scientifics Reports montrent un bestiaire peuplé d’éponges, de coraux, de crustacés, d’étoiles de mer et même de poissons. Et l’IFREMER confirme : « Ces nodules constituent un type d’habitat unique. Lorsqu’on les enlève, non seulement cet habitat disparaît, mais les couches de sédiments sont elles aussi bouleversées. Cela pourrait conduire à une perte importante de la biodiversité (…) qui pourrait ne jamais revenir étant donné que les nodules mettent plusieurs millions d’années à se reformer ». Les ONG se démènent, les pétitions circulent donc le projet n’est pas gagné d’autant qu’ils cherchent encore des financiers, à suivre.

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.