Cinéma : « Water, le pouvoir secret de l’eau » d’Anastasyia Popova

« Water » cache bien son jeu. Sous les dehors d’un documentaire de plus sur les outrages faits à la planète se cache un objet louf dont les intervenants scientifiques semblent être des docteurs en pipologie. En salles depuis le 28 mars.

 

 

 

 

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2012/04/Water.mp3|titles=Water]

Version écrite de la chronique

« Water » débute d’une manière ma foi tout à fait benoîte en nous précisant que l’eau est l’élément le plus répandu sur Terre, d’ailleurs moi-même, et vous aussi, sommes composés de 80 % d’eau. Incontestable. Très rapidement, il est question de l’eau structurée, des violences faites à l’eau et de la mémoire effarée qu’à l’eau du robinet des horribles tuyaux tout pourris par lesquelles elle passe. Au demeurant, une des personnes interviewées précise que l’eau que l’on remercie est meilleure que celle qu’on boit sans compliment, et que la mer Morte, c’est normal qu’elle ait défuncté, elle est pile-poil à l’emplacement de Sodome et Gomorrhe. CQFD.

Et là, je me dis qu’Anastasyia Popova est en train de nous faire une Uri Geller de compétition, et clignotent devant mes yeux les mots « charlatan » et « sectaire ».

(Je précise tout en chaussant le casque lourd que je me soigne assez souvent à l’homéopathie, sans toutefois donner des petits noms d’amour à chaque granule.)

Et comme si Anastasyia Popova voulait me donner raison, entre deux légendes moyenâgeuses ou soufies, elle filme un type qui a très sérieusement fait écouter du Bach, du Beethoven, du Mozart et du Metal (malheureusement, on ne sait s’il s’agissait de Death Metal ou de Metal Atmosphérique, c’est pénible, ces approximations) avant de congeler l’eau.

Je vous le donne en mille, les cristaux d’eau qui ont « écouté » du classique sont beaux comme des étoiles de neige tandis que celui qui a écouté du Metal est une espèce d’horreur asymétrique genre stalactite compressé par un apprenti César bourré comme une queue de pelle.

Autre expérience, mettre du riz dans trois récipients d’eau, dire merci à l’un, je te déteste à l’autre et ne pas calculer le troisième. Le riz merci a donné un genre de saké, le riz haï a pourri, le riz délaissé a noirci. Moralité, rien n’est pire que l’indifférence. (J’aurais bien un truc à dire à propos du saké, tiens…)

Évidemment, la plus belle et bonne eau, c’est l’eau bénite, à cause des prières, c’est un pope, Kyrill 1er, soit le pape des popes, qui le dit. Donc c’est vrai. D’ailleurs, un rabbin dit plus ou moins des fadaises équivalentes.

Parce que, en vérité, les seules personnes ici interrogées sont des scientifiques (un doctorat ès sciences n’empêche pas d’être allumé) et des religieux (ou croyant comme cette dame qui, ayant oublié son parapluie, a réussi en méditant à faire cesser la pluie juste au-dessus d’elle).

Il y en a pendant 1 h 30, de la même eau. (Humour)

Ce film aura réussi à me faire écrire et dire « l’eau qui a écouté du Bach ». Qui sait, demain, je vais dire je t’aime à l’eau de mon thé et de mon bain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Polyglotte et multimédia, curieuse de tout, avare de rien, en chapeau sur son vélo ou en lunettes en salles obscures, Monique Neubourg aime le cinéma, les livres, les parfums, les jardins, les séries américaines, les relations humaines, l'air du temps et le bruit de l'eau. Elle fait même ses shampoings bio elle-même !