Cinéma : « Les Saveurs du palais » de Christian Vincent

En partie inspiré par les deux années que Danièle Delpeuch a passées à l’Élysée, en partie imaginé par Étienne Comar, « Les Saveurs du Palais » est un film 100 % féminin et culinaire. En salles dès aujourd’hui.

 

 

 

 

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2012/09/Palmes-vertes-Les-saveurs-du-palais.mp3|titles=Palmes vertes Les saveurs du palais]

Président, François Mitterrand avait demandé à ce qu’une cuisinière, vienne s’occuper de ses repas personnels, en parallèle de l’équipe affectée à la cuisine dite centrale. Catherine Frot joue Hortense, une de celles qu’on appelait des « mères » quand aucune femme ne mettait la tête sous la toque. Et si le choix de ce président gourmet s’est porté sur elle, qui ne régalait que les hôtes venus en stage de foie gras dans son Périgord, et pas sur un des très étoilés du moment, c’est qu’il voulait de la cuisine roborative et sans chichis, comme quand il était petit.

Une partie du film se déroule dans les coulisses du Palais, en effet. Hortense est aux fourneaux, Hortense a le verbe haut, Hortense et le Président papotent de popote, Hortense fait des merveilles, on meut de faim. Jusqu’au jour où la santé du président exige une diététicienne qui compte les calories et scrute les menus (incapable de comprendre qu’une sauce, un jus de viande en l’espèce, puisse être sans matière grasse puisque c’est une sauce, enfin !) et qu’un nouvel intendant tente les économies de bouts de chandelles. Hortense partira, loin, en Antarctique, où elle régale, façon « Festin de Babette », les équipes.
Christian Vincent a choisi d’entrelarder les épisodes élyséens de séquences antarctiques, la période présidentielle étant traitée en émincés de flashbacks. En vérité, on se passerait de ces antipodes.

Le film, un aimable téléfilm divertissant, tient sur les épaules de Catherine Frot, formidable évidemment, et réserve une jolie participation à Jean d’Ormesson, charmantissime et adorable, dans le rôle du Président, ce qui ne manque pas de sel. Surtout quand il raconte comment un cuisinier lui collait des roses en sucre partout, qu’il détestait et laissait au bord de l’assiette, pendant un temps infini jusqu’à enfin décourager le pénible.
Il y a aussi un chou au saumon qui ne manque pas de sel et emporte la scène.

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"Polyglotte et multimédia, curieuse de tout, avare de rien, en chapeau sur son vélo ou en lunettes en salles obscures, Monique Neubourg aime le cinéma, les livres, les parfums, les jardins, les séries américaines, les relations humaines, l'air du temps et le bruit de l'eau. Elle fait même ses shampoings bio elle-même !