Cinéma : « La clé des champs » de Claude Nuridsany et Marie Pérennou

Le tandem de « Microcosmos » s’est remis à scruter le minuscule, mais au bord d’une mare à l’écart. Et sous les yeux de deux enfants. Qui laissent toutefois les premiers rôles aux grenouilles et aux libellules. Sortie le 21 décembre.





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Version écrite de la chronique

L’enfant solitaire a la voix de Denis Podalydès et les pensées de Claude Nuridsany, l’un des deux réalisateurs. Il s’ennuie chez ses cousins, des adultes chez qui il passe l’été, mais comme il aime les animaux, il a découvert une mare mystérieuse où personne ne vient jamais, seul un mouton s’y est un jour égaré et noyé, dit-on. Il ne se lasse pas de la regarder, d’autant qu’il possède un oeil d’indien, ainsi a-t-il nommé le compte-fils qui lui permet d’admirer les ailes des papillons, mosaïque pulvérulente. Cette mare est un royaume, un théâtre aux surprises et acteurs extraordinaires. Il y a les libellules, petits hélicos bariolés, qui pourraient au niveau des couleurs et des motifs le disputer aux peintres abstraits. Les araignées d’eau, les tritons, les larves, les têtards et les grenouilles nouvelles nées, plus agiles que leurs ainées et d’un vert presque fluo, chacun a sa partition et rappelle qui un soldat de l’armée des étoiles, qui un animal mythologique.

Arrive, dans le rôle de l’intrus puis de l’émoi, une petite fille qui joue à la marelle, sait faire des poupées habillées en coquelicot, aussi solitaire que le petit garçon, et qui apprendra aussi à observer la mare aux merveilles.

Des deux réalisateurs de « Microcosmos », on attendait le meilleur, et on le reçoit. En encore mieux qu’on l’avait rêvé. Pour voir le grand, rien de tel que le petit.

Il leur aura fallu 3 ans de travail avec des reconstitutions en aquarium (mais bien malin celui qui sera capable de s’en rendre compte) et une manière bien à eux de donner une dimension particulière à leur bestiaire, en plaquant sur les ballets aquatiques des uns, aériens des autres, une musique intimement mêlée de sons industriels, embouteillages (qui rime avec nage), hélicoptères (qui rime avec coléoptère).


« La clé des champs », il faut la prendre sans attendre, quitte à faire l’école buissonnière.

Voir la bande-annonce :

Voir le making-of : Retour à Rodez

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"Polyglotte et multimédia, curieuse de tout, avare de rien, en chapeau sur son vélo ou en lunettes en salles obscures, Monique Neubourg aime le cinéma, les livres, les parfums, les jardins, les séries américaines, les relations humaines, l'air du temps et le bruit de l'eau. Elle fait même ses shampoings bio elle-même !