Cinéma : « Jon face au vents » de Corto Fajal

Pendant quatre ans, Corto Fajal a vécu avec Jon et les siens, quelque part dans les montagnes au nord du nord. Il a rapporté des sacrées images et des formidables histoires. En salles à partir du 14 décembre.






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Version écrite de la chronique

Ne dites plus Lapons, dites Samis. Ce sont les mêmes, ces hommes qui vivent au nord du cercle polaire, dans les montagnes scandinaves du Sarek, là où l’été est sans nuit, mais pas très vert et l’hiver sans jour, mais pourtant tellement blanc, où les rennes ne traînent pas avec le père Noël, mais sont l’unique ressource des gens du cru. On en mange la viande, on s’emmitoufle dans leur peau, on fait des bols avec leurs bois. Et on pleure quand ils se noient en traversant un lac gelé, mais pas assez, moins que l’année d’avant.

Ainsi vit Jon, éleveur de rennes et sculpteur, un métier ancestral, un job touristique (ce qui ne signifie pas qu’il le pratique en touriste, mais qu’il l’exerce pour les touristes). Il n’est pas le seul de son peuple à vivre de l’animal et de l’art, à perpétuer aujourd’hui ce qui se passait avant-hier, en intégrant les progrès technologiques sans le moindre état d’âme, sachant trouver le meilleur des deux mondes.

Corto Fajal, le réalisateur, a passé quatre ans avec Jon, à le filmer, lui, sa femme, leur bout de chou, et aussi son meilleur ami, tous ses amis, et encore ses rennes, et le froid, et la nature, ce qui est assez extraordinaire en soi, c’est au-delà du cinéma documentaire, c’est une histoire d’amour, de fascination, de respect.

Jon, qui rejoue parfois pour nous des scènes qu’il a du vivre la veille ou la seconde d’avant, en paraît parfois didactique, empesé, ce qui n’est de toute évidence pas dans son tempérament de grand gars cash. C’est dommage, la forme gêne un peu (elle n’a pas gêné le jury du festival d’Autrans qui a couronné le film, donc tout va bien pour lui), on aurait préféré une voix off un poil plus fluide, qui grince moins l’artifice, la répétition.

Il n’en demeure pas moins que là-haut, dans ce grand blanc de glace, les Samis chevauchent leurs motos-neige, observent le réchauffement climatique et de la menace qu’il représente pour leur civilisation, et cherchent à concilier les équilibres et à dessiner leur futur.

Où voir le film ?

Voir la bande-annonce :

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"Polyglotte et multimédia, curieuse de tout, avare de rien, en chapeau sur son vélo ou en lunettes en salles obscures, Monique Neubourg aime le cinéma, les livres, les parfums, les jardins, les séries américaines, les relations humaines, l'air du temps et le bruit de l'eau. Elle fait même ses shampoings bio elle-même !