Cinéma : Gasland de Josh Fox

Aux États-Unis, la fracturation hydraulique, syntagme barbare, est désormais familier puisqu’on nomme ainsi le traitement nécessaire à l’extraction du gaz de schiste. Présenté comme messianique, ce procédé est aujourd’hui honni pour ses méfaits. « Gasland » fait le point sur le sujet, alors que la France est sur le point d’y succomber. Sortie le 6 avril dans les salles.

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/03/Palmes-Vertes-22-mars-Gas-Land-PAD.mp3|titles=Gasland de Josh Fox]

Version écrite de la chronique de Monique Neubourg

C’est le docu qui tombe à pic. Certes totalement américano-américain, donc parfois un peu abstrait par son éloignement, il se rapproche de notre nombril françaoui dès qu’on prononce les trois mots « gaz de schiste ». Car c’est précisément de cela qu’il s’agit.

Fils de babas cools qui ont construit à sa naissance leur petite maison des bois, Josh Fox se voit proposer un jour un loyer de cent mille dollars pour exploiter une partie de son terrain, sous lequel sommeillent des nappes de gaz naturel qui pourraient permettre à la Pennsylvanie (et quelques états voisins) de rejoindre la Russie et le Qatar dans les pays gros porteurs de gaz. L’étendue de ces gisements est telle que les USA y ont vu une manière d’augmenter leur indépendance énergétique et que l’administration Obama elle-même est très favorable à cette exploration.

Mais  revenons à Josh, le real. En bon fils de ses parents, attaché à sa maison de bois dans les bois, et à sa rivière, il va voir des voisins chez qui la compagnie du gaz a déjà planté ses grosses foreuses.  Surprise, surprise, si on veut boire de l’eau du robinet, il vaut mieux être non-fumeur, elle peut s’enflammer comme de l’amadou. Non, ce n’est pas David Copperfield à Las Vegas, c’est le progrès.

Donc on perce, on creuse, on fait trembler la terre, on se fout de tout ce qui n’est pas extraction de la précieuse substance, la fracturation hydraulique permet de creuser verticalement (moyennant des millions de litres d’eau). Après, l’eau des nappes aquifères et des rivières alentour peut avoir le goût de térébenthine. Ne chipotons pas, au lieu de la boire, on la gardera pour nettoyer les pinceaux.

Grâce à ce film (qui a sa page Wikipedia), à l’information qui va vite maintenant sur les autoroutes électroniques, on est alerté.

En France, en Ardèche, en Languedoc, en Lozère, on n’aime pas du tout les permis délivrés quasiment en loucedé et en 2008. Du côté de la Brie non plus. Soudain, l’idée d’un gaz à bas prix n’est plus aussi séduisante au regard des nuisances considérables promises en retour. La ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, vient de décréter la suspension des projets de prospection et d’exploitation des gaz de schiste en France jusqu’à ce que la commission chargée d’étudier les risques « potentiels » (on admirera le choix frileux de l’adjectif hypothétique) rende ses conclusions.

« Gasland », le film se joue dès ce 6 avril en salles, pour le gaz de schiste en France, c’est donc à partir de juin (date de rendu de l’étude) que cela se passera. Restez connectés et vigilants.

Bande-annonce :

Plus d’informations sur le site officiel de Gasland

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"Polyglotte et multimédia, curieuse de tout, avare de rien, en chapeau sur son vélo ou en lunettes en salles obscures, Monique Neubourg aime le cinéma, les livres, les parfums, les jardins, les séries américaines, les relations humaines, l'air du temps et le bruit de l'eau. Elle fait même ses shampoings bio elle-même !