Spectacle :

Chapiteau sans animaux : pas besoin d’en faire tout un cirque !

De plus en plus de pays refusent les cirques avec des animaux. Le mouvement commence à s’introduire timidement en France au grand dam des professionnels du secteur qui hurlent au scandale. On peut pourtant aimer le cirque sans y voir de malheureux lions sautant dans un cercle de flamme. Le nouveau cirque entre en piste !

Pixabay
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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

Écoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

La ville de la Ciotat a décidé de refuser les cirques avec des animaux sauvages, c’est une bonne nouvelle ?

Une excellente nouvelle, d’autant plus que d’autres villes vont suivre, déjà une pétition circule à Marseille. Car si au 19ème siècle, on pouvait sensibiliser la population en leur montrant des éléphants, tigres, chameaux et autres girafes, aujourd’hui cela ne signifie plus rien pour plusieurs raisons : la vidéo propose des images bien plus fortes qu’un malheureux lion qu’on fait sauter dans un cercle en feu, l’homme a un peu évolué sur sa façon de considérer l’animal et enfin, la 6ème extinction et le génocide des animaux sauvages nous exhorte à  considérer autrement ces pauvres  victimes des cirques.

D’autant plus que d’un point de vue purement juridique, le code rural prévoit que « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ».  Ce n’est pas vraiment le cas sous un chapiteau de cirques…

C’est pour ça que lorsque l’on va les voir avant le spectacle dans leurs cages, on s’étonne que les tigres tournent en rond sans s’arrêter ! Malgré tout, la détention d’animaux sauvages est autorisée en France avec une autorisation administrative « Certificat de capacité », ce qui n’empêche pas la maltraitance de ces animaux. Pas forcément dans de petits cirques qui manquent de moyens, les plus célèbres nous font croire à une soi-disante complicité entre animaux et dompteurs, complicité due à des menaces et au manque de liberté. S’il ne veut pas être battu et souffrir, l’animal doit devenir une peluche ridicule pour faire rire le public. L’ancien dompteur d’ours, Vladimir Deriabkine, explique dans Courrier International, que « les animaux ne sont que des accessoires vivants » en racontant comment la douleur permet d’obtenir ce que l’on veut.

Et la souffrance de ces animaux, c’est un message que l’on commence à entendre malgré le succès du cirque ?

23 pays interdisent déjà présence d’animaux, sauvages ou non, dans les cirques : l’Autriche, le Danemark, la Grèce, l’Inde, Israël, le Mexique, Singapour… En juin dernier, la fédération des vétérinaires d’Europe a recommandé l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques car ils n’ont pas les moyens d’en s’occuper correctement. En France, nous sommes en retard comme toujours concernant les animaux : sur 36 000 communes seulement une quinzaine interdisent les animaux sauvages dans les cirques. Les deux dernières : depuis octobre 2015, Roncq (Nord Pas de Calais) et depuis un mois, LieuSaint (Seine et Marne) donc ça avance. Il ne s’agit surtout pas de faire mourir le cirque qui est une branche artistique merveilleuse mais de le faire évoluer vers un cirque sans animaux à l’image des formidables Cirque du soleil ou Cirque plume. Pas besoin de pauvres bêtes pour émerveiller petits et grands.

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Cette chronique a été diffusée le 24 mars sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.