Quelle époque éthique !

Censure : Facebook, l’obsédé du téton

Harcèlement, propos sexistes, racistes ou haineux, avec 1,8 milliards d’utilisateurs, Facebook a fort à faire pour éviter les débordements et son principe de modération est mis à mal.

Sans titre

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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Version écrite, collaboration Nathalie Cayzac :

Avec 1,8 milliard d’utilisateurs dans le monde, il n’est pas évident pour Facebook de canaliser les publications de ses internautes. Pourtant, un système de modération est à l’œuvre 24/24 mais il ne fait pas l’unanimité.

Car ce service de modération est entouré d’un certain flou artistique pas toujours efficace. Citons, la suppression brutale d’une page du blog « Paye ton couple », recensant des témoignages de sexisme et de violences dans les relations amoureuses. En janvier, un article de l’Obs sur les règles et illustré par la photo d’une femme au pantalon taché de sang a été lui aussi censuré sans oublier l’obsession des tétons féminins systématiquement supprimé. Bref, Facebook a une pudibonderie ciblée vis à vis des femmes mais une grande tolérance pour des images choquantes, so what ?

Par exemple ?

La photo d’une femme nue à 4 pattes portant un plateau de verre sur le dos pour représenter une table, image très sado-maso mais comme on ne lui voyait pas les mamelons, ouf elle a évité la censure ! Ou le revenge porn qui consiste à mettre en ligne des photos érotiques de quelqu’un sans son consentement, procédé minable qui ne semble pas gêner Facebook. Un scandale vient d’ailleurs d’éclater aux États-Unis où des Marines partageaient sur leurs page Facebook des photos salaces de leurs collègues féminines. Leur voit-on le téton, that is the question !

Qu’est-ce qui peut expliquer de telles disparités ?

Julie de Bailliencourt, responsable de la politique de sécurité de Facebook pour l’Europe, réfute dans Libération toute idée de modération automatique, sauf pour les cas de pédopornographie. Le processus de vérification est déclenché par les signalements des internautes avec tout un procédé mathématiques expliqué par le journal allemand Suddeutsche Zeitung repris par le Monde. Vous avez des sujets classés Catégories protégées (PC) : orientation sexuelle, origines ethniques, sexe, religion, nationalité, handicap ou maladie.  Ensuite vous avez des équations qui correspondent à une critique, une attaque. Donc Catégorie protégée + attaque = censure. On se doute bien des erreurs et oublis possibles surtout que, selon le journal allemand, « beaucoup (de modérateurs) se plaignent que les règles ne sont pas claires et s’estiment stressées et surchargées. » avec « d’importants problèmes psychologiques à cause de leur exposition fréquente à des contenus choquants, comme des images de torture, de meurtre ou pédopornographiques. » Le tout pour un faible salaire. Facebook n’a ni confirmé ni infirmé les infos. C’est quand ils veulent !

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