Quelle époque éthique !

Campus USA : pas de yes, pas de sexe !

hand-1832921_1280Les universités américaines, très soucieuses de leur réputation, ont longtemps étouffé les scandales à répétition liés à des violences sexuelles subies par des étudiantes. Depuis quelques années, on assiste à un virage à 180°.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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Sur les campus américains, les violences sexuelles subies par de nombreuses étudiantes ont longtemps été étouffées par des universités soucieuses de leur réputation. Depuis quelques années, on assiste à un virage à 180°

L’alcool y coule à flots et le porno y tient parfois de modèle ; les parties organisées par les différentes organisations étudiantes ont été longtemps le théâtre déplorable d’abus sexuels. Depuis quelques années, les facultés ont été sommées de réagir. Au début des années 90 la petite université de Yellow Springs dans l’Ohio a été la 1ère à adopter une charte de prévention du viol qui exigeait l’accord verbal de la partenaire à chaque étape des rapports sexuels pour éviter l’éternel argument du « tacite » « oui elle était d’accord cette… garce ! » ; à l’époque Yellow Springs  a été la risée de toute l’Amérique et même parodiée de façon très dégradante dans la fameuse émission satirique Saturday Night Live. 20 ans plus tard, cette conception du consentement sexuel est en train de triompher sur les campus américains. Trois états, la Californie, New-York et, depuis mai dernier, le Connecticut ont adopté des lois imposant aux universités le critère de consentement affirmatif – et non tacite – dans leur traitement des plaintes pour viols, sous peine de perdre leurs financements publics. Et plus de 1500 universités l’ont volontairement adopté.

Du coup, l’opinion américaine a-t-elle évoluée ?

Aujourd’hui, plus personne ne se moque, au contraire. Comme l’a montré le tollé suscité par la condamnation à 6 mois seulement de prison de Brock Turner, un champion de natation de l’université de Stanford qui avait abusé d’une jeune femme en coma éthylique. « Il y a eu énormément de militantisme étudiant en faveur du consentement affirmatif, explique Amy Zavadil, chargée de la question de l’égalité des sexes à l’Université de Columbia, dans le magazine M, ce sont des jeunes qui ont été élevés avec le mot d’ordre-mon corps m’appartient- et qui savent se faire entendre sur les réseaux sociaux ». Et sous l’impulsion du président Obama, 250 institutions publiques et privées parmi lesquelles Harvard et Princeton ont été placées sous surveillance fédérale. Partout, les universités s’empressent donc de durcir leurs procédures disciplinaires pour ne pas atterrir sur cette liste de la honte. Quand on dit non, c’est non !  dit-on en France, aux États-Unis aujourd’hui c’est plutôt ‘yes means yes’ que l’on peut traduire par la formule géniale de Talleyrand : « Il n’y a qu’une seule manière de dire oui, c’est oui ; toutes les autres veulent dire non ! »

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.