Réchauffement climatique :

Ça ne va pas fort pour les anchois et les sardines !

Elles ont beaux se ranger sagement à nos volontés, les sardines deviennent de plus en plus petites et meurent de plus en plus jeunes. La faute au plancton selon une étude récente en Méditerranée.

Pixabay
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Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30 !

Écoutez la chronique de Yolaine de la Bigne :

Version écrite de la chronique :

On pensait que les sardines s’en sortaient bien en Méditerranée par rapport à d’autres poissons, un constat à nuancer…

En effet, les sardines semblaient résister à la surpêche et à la pollution,  malheureusement leur nombre a été divisé par trois en 10 ans, elles sont passées en Méditerranée, de plus de 200 000 tonnes à moins de 67 000 tonnes. Mêmes proportions pour les anchois. Ce n’est pas leur nombre qui a diminué mais leur taille, elles ont rapetissé de 15 à 11cm. Autre  facteur : elles meurent plus vite et ne dépassent plus 2 ans d’âge. C’est la conclusion d‘une étude de 3 ans, le projet EcoPelGol, dans le golfe du Lion financée par France Filière Pêche et réalisée par le Centre pour la biodiversité marine avec l’Université de Gérone (Espagne) et l’Institut méditerranéen d’océanologie.

Elle met en cause le réchauffement climatique qui modifie la qualité du plancton, leur nourriture principale. Du coup, les sardines et les anchois utilisent l’énergie qu’il leur reste pour se reproduire. Elles n’ont plus la force de grossir, d’où la diminution de leur taille.

Et comme elles ont des petits plus rapidement cela les fatiguent et cela diminuent leur longévité, elles vivent donc moins longtemps que lorsqu’elles se reproduisaient plus tardivement. Bref, les sardines sauvent leurs peaux mais comme elles sont plus petites, elles n’offrent rien à manger et ne constituent plus une prise intéressante pour les pêcheurs.

D’où un impact économique important

Considérable puisque 50% des poissons pêchés par les pêcheurs français en Méditerranée sont des sardines et des anchois. Nous avons interviewé Claire Saraux, coordinatrice du projet EcoPelGol, et chercheuse à l’Ifremer de Sète qui explique avoir comparé les résultats avec des collègues espagnols et que les sardines et les anchois catalans ont les mêmes problèmes. Elle ne sait pas si c’est la même chose en Atlantique ou en Manche, il faudrait d’autres travaux d’observation. Bonne nouvelle : ils ont étudié le thon rouge qui mange principalement des sardines et des anchois et n’ont observé aucune conséquence particulière. Le projet EcoPelGol est officiellement terminé mais de nombreuses choses restent en suspens particulièrement au niveau des modifications du plancton. Encore une affaire à suivre !

585Cette chronique a été diffusée le 31 mars sur Sud Radio en partenariat avec ENGIE acteur de la transition énergétique.

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.