Quelle époque éthique !

Boues rouges : mise au point pour Altéo

Le groupe Altéo, mis en cause dans la chronique de vendredi dernier à propos des boues rouges – que son usine de Gardanne a déversées dans la Méditerranée pendant 50 ans – s’est ému de nos propos. Reprenons les faits.

Capture d'écran Collectifs Littoral.fr
Capture d’écran Collectifs Littoral.fr

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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En effet, Altéo nous demande de préciser certains points. Donc reprenons les faits simples et avérés ; depuis 1966 l’usine Altéo fabrique des alumines grâce au traitement d’une roche orange : la bauxite. Pour 1 tonne de bauxite, 500 kgs de déchets était jusqu’ici rejetée dans la Méditerranée, soit depuis 1966, 20 à 30 millions de tonnes de déchets selon les études. Il s’agissait de métaux lourds (arsenic, fer, chrome, mercure, silice, titane…) reconnus comme agents toxiques par les Nations unies et qui s’accumulent dans les écosystèmes marins. Les boues rouges contiennent aussi du mercure qui peut être dangereux pour le système nerveux des enfants en bas âge et des fœtus. Il n’a jamais été question d’accuser Altéo d’empoisonnement au mercure. Pour dissiper toute ambiguïté citons une étude de l’IFREMER commandée par la ministre Ségolène Royal qui indique que la Méditerranée « semble contaminée par le mercure avec la même amplitude que le reste des océans », ni plus ni moins. Soulignons malgré tout que l’étude reconnaît le peu d’informations sur le sujet et recommande de continuer à y travailler.

Quoi qu’il en soit personne ne conteste plus que ces boues rouges étaient toxiques puisque depuis le 1er janvier 2016, leur rejet est interdit. Altéo peut maintenant déverser dans la mer les eaux résiduelles issues du filtrage de ces boues durant 6 ans grâce à un arrêté préfectoral du 28 décembre 2015.

Et c’est un progrès d’autant qu’Altéo a fait évoluer ses technologies et affirme s’être débarrassé de 99,5% des toxiques dans ses rejets. N’empêche, les taux de plusieurs composants de ses liquides résiduels dépassent les normes légales, selon le Monde. Cet arrêté du 28 décembre  fait donc polémique, soutenu par Manuel Valls mais combattu par Ségolène Royal et les associations pour l’environnement. Bref, on continue d’évacuer des déchets qui, même s’ils sont moins chargés en toxiques que les fameuses boues rouges interdites, n’en demeurent pas moins des éléments potentiellement polluants que personne n’a envie de savoir au fond de la belle bleue. Ni ailleurs.

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