Quelle époque éthique !

Barroso, point trop n’en faut !

1431983374_919e57c729Le comité d’éthique de l’Union Européenne vient de rendre son avis concernant la nomination de José Manuel Barroso dans la banque d’affaires Goldman Sachs et estime que le code de conduite n’a pas été bafoué.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 6h10 et 7h22 du lundi au vendredi, dans « Quelle époque éthique », une chronique à télécharger :

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« Il n’y a pas d’éléments suffisants pour établir une violation de devoir d’intégrité et de réserve ». Étonnante décision vue la vague d’indignation soulevée par cette nomination. Un constat qui la joue hypocrite puisque le comité précise tout de même que cette nomination « n’est pas un choix judicieux » ! Et de rajouter « Barroso aurait dû être conscient et informé qu’en agissant ainsi, il déclencherait des critiques et risquerait de nuire à la réputation de la Commission et de l’Union en général ». Mais que font nos dirigeants, dans quelle planète vivent-ils ? On peut s’attendre dans les jours à venir à toutes sortes d’analyses car, en pleine crise du Brexit et dans une société qui se débat dans toutes sortes de problèmes éthiques, cette nomination tombe très mal !

Cela peut augmenter le sentiment de défiance vis à vis de l’UE

Forcément ! Déjà dans le Figaro Vox/ Tribune, Maxime Tandonnet expliquait que Barroso va apporter à Goldman Sachs « une expérience immense » et que cela symbolise la rupture entre deux mondes, celui des élites et celui des peuples, l’Europe d’en haut et l’Europe d’en bas. Les dirigeants de l’UE ne cessent de fustiger le populisme de droite ou de gauche mais ne font que le conforter en prenant des décisions, entre eux, qui les arrangent dans le mépris le plus total de l’opinion de la population. Ils ne prennent même plus la peine de cacher leur connivence avec le monde de la finance. L’article rappelle d’ailleurs que les années Barroso, de 2004 à 2014, ont été particulièrement funestes pour l’Europe avec une grave crise économique et une explosion du chômage, le drame de la Grèce, la fracture entre l’Europe du Sud et celle du Nord, l’arrivée des migrants, bref une situation catastrophique dont le secteur bancaire est tenu comme le premier responsable. Dans un tel contexte, lire que Goldman Sachs a engagé Barroso pour sa « profonde compréhension de l’Europe » et en faveur des « plus hauts principes d’éthiques », ça donne froid dans le dos. Et cela pourrait sonner le glas de l’Europe.

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.