Chasse :

Des animaux sont-ils élevés pour être tués en Afrique ?

La chasse en Afrique et les braconniers qui en profitent sont un souci majeur pour les espèces menacées. Malheureusement, il semblerait que certains fassent même de ces pratiques une industrie, en élevant des animaux sauvages dans le seul but de les abattre, au mépris de toute éthique.

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

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L’affaire du lion Cecil à la crinière noire tué à l’arc par un riche dentiste américain en juillet 2015 pour seulement 50 000 euros pose une question : les animaux sont-ils élevés en Afrique pour être chassés ?

D’autant plus que d’autres affaires similaires ont déclenché de l’émotion : l’animatrice de télévision américaine Melissa Bachman, s’affichant sur Twitter avec son dernier trophée, un lion d’Afrique du Sud. Autre exemple : l’étudiante américaine Kendall Jones, qui postait des photos de ses trophées de léopard, lion ou rhinocéros sur les réseaux sociaux (Facebook a supprimé les clichés après de nombreux plaintes d’internautes). Il y a quelques années à San Antonio, au Texas, un Américain avait créé un site internet pour tuer un animal via un dispositif en ligne, initiative interdite dans 34 états américains. Toutes ces affaires posent la question de ce que l’on appelle la chasse en boîte, la chasse close ou la chasse en cages car ces animaux chassés sont enfermés dans des parcs clôturés.

C’est glauque !

Ils sont élevés par l’homme dans des immenses fermes. Les lionceaux sont rapidement séparés de leur mère pour qu’elle puisse de nouveau donner naissance. Des lionnes qui passent leur vie dans des cages à faire des grossesses à la chaîne. Ce phénomène est très répandu en Afrique du Sud où selon The Guardian, il y aurait 160 de ces fermes de la mort. Toujours selon The Guardian, il y aurait deux à trois fois plus de lions en cage (5000 à 8000) qu’ en liberté (ils ne seraient plus que 2000). Un lion sauvage peut coûter 60 000 euros contre 6000 pour un lion élevé en captivité. Ce commerce cruel touche également les éléphants, les gazelles et les crocodiles. Ce sont généralement de riches touristes européens ou américains qui déboursent plusieurs milliers d’euros pour rapporter un trophée qu’ils exhiberont dans leur salon. The Guardian donne encore un chiffre terrible : on est passé de 1830 trophées de lions tirés en 2006 à 4062 en 2011.

Quels moyens, quelles législations sont mis en place pour lutter contre cette pratique ?

Des compagnies d‘avion américaines ont annoncé après le scandale du lion Cécil qu’elles n’accepteraient plus les trophées mais rien ne le  prouve et ça sent le coup de com’. En 2007, une loi a été  votée en Afrique du Sud pour que les grands animaux vivent en liberté pendant deux ans avant d’être chassés. Elle interdisait aussi que des tranquillisants soient administrés aux animaux avant la chasse. Mais cette loi a été annulée en novembre 2010 par la cour suprême locale, les lobbies de la chasse étant plus puissants que les lois ! Et les gouvernements rechignent à légiférer car c’est un business très lucratif : en 2014, au Zimbabwe, ce commerce a engendré 69 millions de dollars, taxé à 30 % par l’Etat. Alors forcément, le massacre continue…

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.