Santé :

Amiante : le problème persiste

Voilà 20 ans que l’amiante est interdit en France. Inhalée, sa poussière, favorise cancers, problèmes et maladies respiratoires. Pourtant, l’amiante reste présent dans les bâtiments, les canalisations ou encore les routes.

Crédit : Ravaka - Wikipédia Commons
Crédit : Ravaka – Wikipédia Commons

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

Version audio :

Version écrite : 

Nous n’entendons plus vraiment parler de l’amiante. Qu’en est-il ?

Sciences et vie lui a consacré un dossier passionnant qui nous rappelle qu’on connaît ses dangers depuis le XXème siècle. Malgré tout, on a utilisé cette matière très résistante pour toutes sortes de missions en l’ajoutant à du ciment, du plâtre, des colles, des peintures, des plastiques, etc, pour protéger les bâtiments des incendies, fabriquer des canalisations d’eau pluviale ou des vides ordures, des routes, des tuiles de maisons, etc. Dans les années 60, on avait même donné comme surnom à l’amiante « magic mineral ».

Quels sont ses dangers exactement ?

C’est quand on y touche que l’amiante pose un problème car elle contient des fibres micrométriques de minéraux silicatés qui peuvent se déposer au fond des poumons lorsqu’ils sont libérés par du brossage, perçage, vissage, ponçage, rabotage, démolition, démontage, etc. Les conséquences ? Cancers de l’ovaire, du larynx, du poumon. Chaque jour, 7 français meurent de l’amiante et 10 déclarent un cancer. Le problème est d’autant plus grave que désamienter est très compliqué. 35 000 ouvriers et ingénieurs en France ont été formés à cette tâche fastidieuse. Il faut détecter les fibres d’amiante à l’aide d’un appareil à lecture directe comme le PhazIR, le plus performant actuellement mais dont les capacités sont limitées. Un diagnostic qui doit être fait par un organisme accrédité COFRAC.

Une fois ce diagnostic posé, on commence les travaux !

Il faut d’abord faire une étude de faisabilité, un plan de retrait, obtenir l’autorisation des autorités compétentes, une mise en sécurité, etc. Et enfin le désamiantage peut démarrer avec de nombreuses précautions : gants, masque pour les employés, etc. On commence par humidifier l’amiante ou aspirer les particules à la source avant de procéder au désamientage. On l’a déjà fait pour la tour Montparnasse ou le campus de Jussieu. Mais beaucoup de questions se posent souligne Sciences et Vie : il y aurait des liens entre les entreprises du bâtiment et les laboratoires qui analysent l’amiante et l’Etat ne contrôle rien. Par ailleurs toutes  ces mesures de précaution coûtent chères. Par exemple, les alentours de l’immeuble amianté doivent être évacués, parfois, il faut reloger des gens. Désamienter un parc HLM revient à plusieurs milliards d’euros par an, ce qui équivaut au coût de la construction de plus de 10 000 logements. Toutes ces contraintes expliquent le problème du désamientage qui reste un vrai souci !

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Marion Bordier

Férue de lecture, de photographie, d'écriture mais aussi de découverte de nouvelles contrées et cultures, le journalisme semble être une évidence pour Marion.