Alimentation :

Agriculture, santé… la solution est dans les fèves et les pois chiches !

Méprisées, les légumineuses permettent une production saine, rentable et excellente pour l’environnement. A nous les haricots et les lentilles !

Crédit : Pdpics - Pixabay
Crédit : Pdpics – Pixabay

Écoutez Yolaine de la Bigne derrière le micro de Sud Radio ! Retrouvez-la chaque matin à 7h52 du lundi au vendredi, dans « Un monde plus vert », une chronique rediffusée à 17h27 et à écouter sur notre webradio tous les jours à 11h30, 13h30, 16h30, 19h45, 23h45 et 03h30.

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2016 est l’année internationale des légumineuses surnommées « plantes améliorantes ». Elles améliorent quoi exactement ?

La terre ! Car les haricots, les pois, les lentilles, la luzerne, le soja mais surtout le lupin et la sarradelle n’ont pas besoin d’engrais chimiques azotés. Elles utilisent l’azote naturellement contenu dans l’atmosphère via des bactéries nichées dans des tumeurs formées sur leurs racines qui fixent le gaz. Les légumineuses sont donc le gage d’une agriculture durable. Pourtant, elles souffrent d’une image un peu ringarde, de plats de grands-mères, lourds, longs à préparer qui provoquent des ballonnements et flatulences. Pas top pour une image de marque !

C’est pourtant délicieux ! Mais c’est vrai qu’on ne nous en propose pas souvent.

Les Français en consommaient 7,5 kg par an dans les années 20 contre seulement 1 kilo ½ aujourd’hui. C’est bien dommage car elles sont riches en fibres, en vitamines et en minéraux. Elles sont efficaces notamment pour lutter contre le diabète et les affections cardiovasculaires. Malgré tous ces avantages, elles ont été abandonnées au profit des protéines animales. Autre paradoxe : elles pourraient venir à manquer avec l’augmentation de la demande, en raison de la croissance démographique mondiale mais aussi de l’élevage car les porcs ou les vaches en raffolent.

Mais ce sont nos sociétés qui les ont abandonnées car, dans les pays plus pauvres, on en mange encore beaucoup.

Oui car elles se cultivent facilement, ne coûtent pas cher et, en plus, leur production améliore la qualité des sols. Du coup, on tente de séduire la clientèle occidentale avec par exemple, des spaghettis 100 % légumineuses élaborées par des chercheurs de l’Inra-SupAgro de Montpellier qui ont déposé un brevet en avril dernier. Il existe aussi des pâtes à base de fèves, de lentilles vertes et de haricots blanches ou des yaourts 100 % végétal. Des chercheurs étudient comment remettre certaines variétés au goût du jour afin d’endiguer le problème des ravageurs de cultures comme les criquets, les termites ou les longicornes. Mais aussi pour supporter le changement climatique. Les légumineuses sont aussi utilisées par les agriculteurs qui veulent abandonner peu à peu les engrais, les fongicides et les pesticides, notamment dans leurs champs de céréales. Car non seulement elles ne nécessitent pas de produits phytosanitaires mais, en plus, leurs rendements sont plus constants. Ces plantes semblent donc être un gage de préservation de l’environnement et de la productivité agricole de demain. Aujourd’hui où tout semble compliqué, voici un moyen simple et naturel d’améliorer la terre !

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Marion Bordier

Férue de lecture, de photographie, d'écriture mais aussi de découverte de nouvelles contrées et cultures, le journalisme semble être une évidence pour Marion.