Plates-formes off-shore : hécatombe d’oiseaux migrateurs

50 millions d’oiseaux migrateurs franchissent deux fois par an la mer du Nord. Sept espèces au moins sont sévèrement perturbées par les flux de lumière artificielle émis par les plates-formes off-shore de pétrole.

« Le dérangement est maximal quand le ciel nocturne est couvert de nuages, explique l’association Robin des Bois. Cela aboutit à la désorientation des oiseaux qui dans ces circonstances se mettent à tourner pendant plusieurs heures autour de cette fausse constellation que constitue une plate-forme off-shore la nuit. »

D’après le rapport présenté par les Pays-Bas aux autres Etats-membres de la convention OSPAR pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-est, une seule plate-forme pourrait être responsable de la mort par collision de 60 000 oiseaux par an.

Les espèces les plus touchées ? Les merles, les grives musiciennes, les grives mauvis, les litornes, les alouettes des champs, les rouges-gorges et les eiders communs. Les rouges-gorges, par exemple, volent en septembre et en octobre depuis des pays scandinaves jusqu’en Europe du Sud et survolent à cet effet la mer du Nord sur 500 km. Il en est de même pour les grives et les alouettes qui à la même saison descendent de Norvège pour rejoindre le Royaume-Uni et l’Irlande.

Le sort de ces espèces est abordé jusqu’au 11 mars, au Comité off-shore de la Convention Ospar à Barcelone. La Convention Ospar réunit les quinze gouvernements, dont la France, des côtes et îles occidentales d’Europe. Considérant les projets de Total et d’autres compagnies en Arctique et les projets d’éoliennes off-shore sur la façade atlantique, Robin des Bois estime « que cet enjeu est prioritaire et qu’une recommandation OSPAR en faveur de la réduction de l’intensité lumineuse des plates-formes off-shore doit être adoptée sans tarder. La France recommande seulement de poursuivre les études, oubliant l’immortel poème de Jacques Prévert : « Des oiseaux par milliers volent vers les feux / Par milliers ils tombent, par milliers ils se cognent / Par milliers aveuglés, par milliers assommés / Par milliers ils meurent. » (Le Gardien du phare aime trop les oiseaux). »

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