Plans de relance et développement durable

L’édito d’Alexis du Fontenioux du blog valinkeo

Comme l’a montré l’analyse du Monde, la plupart des grands pays industriels ont basé leurs plans de  relance sur des stratégies d’économies plus « vertes » (USA, Grande Bretagne, Japon et Chine), on peut s’en réjouir ! La France, mais plus encore l’Allemagne et l’Espagne, se sont montrées plus timorées en la matière. On peut le regretter tout en comprenant les urgences sectorielles qu’imposent les difficultés du moment.

First World Progress
Creative Commons License photo credit: mdumlao98

Ces plans de relance, « verts », « gris » ou « gris vert », représentent des milliers de milliards de dollars et auront des conséquences considérables sur une des composantes essentielle du développement durable : « la non-compromission des besoins des générations futures ». Jamais le monde n’aura développé une telle dette vis-à-vis de ses enfants !  Cette situation est inédite et nous en ignorons l’impact.

C’est dans ce contexte que l’intervention de Barack Obama du 24 février est lourde de significations. Voici en substance le contenu du discours :

« Nous allons réduire de moitié le déficit budgétaire d’ici 2013. Nous ne laisserons pas les générations futures payer le prix de notre déficit. Nous n’empêcherons pas nos enfants (et les générations futures) de réaliser leurs rêves, nous ne les placerons pas dans l’incapacité de rembourser nos dettes ».

Sans faire de l’Obamania primaire, ce discours est inédit et change profondément la façon d’aborder la crise que nous connaissons. Pour la première fois, un homme politique d’envergure (s’il en est) met en perspective les montants faramineux mis au service de la relance, en indiquant que ces dispositifs auront  un prix, qu’il faudra tôt ou tard les rembourser et qu’il ne s’agit en rien de « monnaie virtuelle ».  Pour la première fois aussi, un homme politique parle et agit au nom de personnes qui ne sont pas représentées – les générations futures – et qui ne peuvent faire entendre leur voix puisqu’elles n’en ont pas par définition.

On peut se réjouir que la considération des besoins des générations futures et de leur non compromission soit pour la première fois aussi clairement exprimée par un responsable politique de premier plan, il faudra bien cependant trouver un moyen de les représenter plus efficacement dans nos systèmes démocratiques, le développement durable les concernant au premier chef.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.