Pierre et le tigre : un court-métrage pour parler des déchets nucléaires

Mais quelle est donc la radioactivité d’un tigre ? C’est avec ce genre de question un peu saugrenue que Bérenger Thouin, jeune gagnant du concours de courts-métrages organisé par l’Andra, introduit la difficile problématique des déchets nucléaires.

 

 

 

 

 

Ce concours a été lancé par l’Andra, c’est-à-dire l’établissement national chargé de la gestion des déchets radioactifs, en septembre dernier. Il offre aux étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière l’occasion de tourner un court-métrage sur le thème de la gestion des déchets nucléaires. Une seule recommandation : liberté de ton et d’intention.

Ce projet a également été complété par l’ouverture d’un espace ‘Dialoguons’ sur le site déchets-radioactifs.com, afin de pouvoir poursuivre la discussion.

Bérenger Thouin, étudiant en troisième année, s’est pris au jeu et a remporté le concours avec une vidéo de 3 minutes mettant en scène trois jeunes gens bien de leur temps. Après une mini-biographie de chacun version Amélie Poulain, on les retrouve autour d’un dîner. Ils se prennent à discuter de l’enjeu du nucléaire et de ses déchets. Pierre est pour, Sophie est contre et Hugo ne sait pas trop…

Ils représentent parfaitement la société française, et ses opinions disparates. « La cohabitation de ces trois personnages, c’est un peu le vivre-ensemble » selon Bérenger. Le court-métrage finit lorsque les trois comparses décident de remettre la discussion à demain et d’aller se coucher. Le message final du film ? «  Peut-être qu’il vaudrait mieux continuer la discussion, maintenant ». Il semble en tout cas que les Français soient d’accord avec le réalisateur, puisque le sujet du nucléaire se retrouve aujourd’hui sur le devant de la scène, avec la catastrophe de Fukushima et l’approche des élections présidentielles.

L’écologie : une question de société

La véritable originalité de ce court-métrage se trouve dans l’équilibre réussi entre un ton badin et le sujet très sérieux du nucléaire. « Les débats sur l’écologie sont souvent très abstraits et impersonnels » nous dit Bérenger, pour expliquer le style léger qu’il a donné à son court-métrage. La discussion autour de la table représente selon lui la forme que doit maintenant prendre le débat : « les questions écologiques sont complexes, il faut donc promouvoir le débat, la réflexion et l’information. Il faut placer l’intelligence de chacun au centre et ne pas être passif. Ce sont des questions de société. »

A l’image des personnages de son film, Bérenger semble être un jeune homme de son temps, bien informé des grands enjeux de notre société, mais soucieux de trouver de nouvelles façons de les aborder. Surtout, il reste humble quant à sa propre démarche : « Une vidéo, c’est une proposition, pas une chose imposée et surtout pas une vérité. »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone