Photographie : la mémoire dans la feuille

Si les murs ont des oreilles, pour l’artiste Binh Danh, les feuilles d’arbres ont des yeux.

Depuis plus de six ans, l’artiste américano-vietnamien tire les négatifs de la guerre du Vietnam sur des feuilles et des herbes mortes. Il ne s’agit pas là d’impression numérique, mais bien de photosynthèse.

S’inspirant des premiers procédés photographiques, Binh Danh place son négatif sur une feuille d’arbre et installe le tout au soleil, pendant une à plusieurs semaines selon le temps qu’il fait. Il laisse ainsi agir lumière et chlorophylle, un pigment contenu dans les feuilles et les herbes,  jusqu’à ce que le transfert soit réalisé.

Ses sujets de prédilection ? Les populations et soldats exterminés lors des guerres du Vietnam et du Cambodge. « Pour honorer ces vies, j’ai réalisé des autels de la mort, où l’on peut méditer sur l’histoire, sur le moment présent et sur notre propre éthique, exprime l’artiste. Les images de la guerre font partie des feuilles d’arbres. »

Pour réaliser ses œuvres, Binh Danh se sert d’images diffusées par les médias, notamment par le magazine Life et le New York Times. Il mêle ainsi la force de ceux qui ont souffert à la fragilité des végétaux. « Les feuilles détiennent des résidus de la guerre du Vietnam : les bombes, le sang, la sueur, les larmes et les métaux », confie-t-il.

Pour découvrir son travail et ses motivations, voici ci-dessous une vidéo (en anglais):

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=JfRxBqWPSDI[/youtube]

Plus d’informations sur son site : http://binhdanh.com/

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Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.