Les pesticides s’accumulent dans le corps des Français

Dans un constat alarmant sur l’exposition de la population française aux pesticides, l’InVS s’inquiète de l’accumulation de ces substances dans le corps humain, spécialement en France.

Monsanto pesticide to be sprayed on food crops.Alors que l’Europe décidait le 29 avril la suspension de trois insecticides pour protéger les abeilles, l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiait dans le même temps son rapport consacré à l’exposition de la population française aux substances chimiques de l’environnement. Et le constat est alarmant : il montre que les habitants de l’Hexagone sont largement plus exposés à certains pesticides que les Allemands, les Canadiens et même les Américains, premiers utilisateurs mondiaux alors que la France est championne d’Europe et quatrième au niveau mondial.

Plus on en mange, plus on en garde !

L’étude, réalisée entre 2006 et 2007, n’évoque que quelques familles de pesticides (polychlorobiphényles, organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes) que nous sommes susceptibles d’ingurgiter à chaque repas. On apprend ainsi que 13% des femmes en âge de procréer (18-45 ans) et moins de 1% des adultes subissent une contamination au PCB supérieure aux seuils critiques définis par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentaire, de l’environnement et du travail).

Les produits de la pêche, de viande et laitiers sont les principaux aliments pointés du doigt par l’InVS, mais aussi les fruits et les légumes. Ce sont eux qui sont les plus nocifs pour notre organisme. Les PCB ont tendance à s’accumuler au fur et à mesure qu’on en absorbe  et peuvent être détectés dans le sang et l’urine.  Si la décision prise à Bruxelles va dans le bon sens, la nécessité d’un bannissement définitif de tous les insecticides et autres pesticides devient donc de plus en plus vitale. Mais comme pour beaucoup d’autres problèmes similaires qui mettent en jeu des lobbies très influents, il faudra prendre son mal en patience et surtout encourager fortement le développement de la seule alternative indispensable : l’agriculture biologique.

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Après un passage à Paris-Normandie et au service politique de Nord Éclair, Grégoire Gantois, étudiant en journalisme à l'ISCPA, s'intéresse aujourd'hui à l'actualité écologique et environnementale à Néoplanète.