Peaux de python : un trafic sous surveillance

python crédit wikimedia commons

Pendant les vacances, Néoplanète vous propose de réécouter le meilleur des chroniques Europe 1 de Yolaine de la Bigne.

La contrebande liée aux peaux de serpents se développe car la demande ne cesse de croître…

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Version écrite de la chronique

Le python, surtout ! Car il a le malheur d’avoir une peau aux jolis motifs élégants, et la mode en fait des sacs à main et des chaussures dont les fashionitas raffolent malgré leur prix très élevé. Le succès est tel, que l’UICN (l’Union Internationale de conservation de la Nature) s’inquiète. La surveillance de ce commerce a démarré en 1975. Depuis, la demande a été multipliée par trois ! Pour enrayer le phénomène, l’UICN a conclu un partenariat avec Kering (ex PPR qui détient entre autres la marque Gucci) afin de mettre de l’ordre dans ce trafic qui fonctionne principalement au noir. En Asie du Sud-Est, principalement, 500 000 peaux de pythons sont vendues chaque année.

S’il s’agit de contrebande comment savoir si ces chiffres sont vrais ?

Effectivement, seules des estimations sont possibles. Les contrebandiers payent les paysans 22€ (en moyenne) le python de plus de trois mètres, ce qui est une grosse somme dans ces zones. Ensuite, les serpents sont très peu contrôlés avant leur arrivée à Singapour. De là, 60% des peaux sont vendues à l’occident. En théorie, toutes les ventes doivent êtres certifiées par la CITES (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces sauvages en danger), mais en réalité, il y a beaucoup de fausses déclarations sur le nombre et la taille des serpents, leur provenance est rarement mentionnée et on fait souvent passer les pythons sauvages pour des serpents d’élevages.

Comment renforcer la surveillance de l’espèce ?

Au cours du 16e congrès réuni à Bangkok (Thaïlande) en mars 2013, la CITES a fait des recommandations de techniques, surtout génétiques, pour différencier les pythons sauvages de ceux d’élevage. Ils ont également proposé de mettre en place un suivi des captures et d’améliorer les conditions d’élevage. L’UICN et le groupe Kering ont repris ces recommandations et viennent de publier le 31 mars leur rapport de collaboration : l’idée est de surveiller de façon accrue les élevages et de mettre l’accent sur les contrôles afin de protéger le plus possible les pythons sauvages… C’est un progrès. A suivre !

La chronique « Quelle Époque Éthique » de Yolaine de la Bigne sur ce sujet a été diffusée ce mardi 15 avril 2014 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète ses chroniques « Bonne Nouvelle » et « Quelle Époque Éthique », enrichies de photos, de vidéos et de liens Internet.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.