Le « péage de transit », une écotaxe au rabais

PortiqueEcotaxeL’écotaxe a vécu. Les Bonnets rouges ont eu sa peau et c’est d’ailleurs dans Ouest-France que la naissance du « péage de transit » a été annoncée. Une écotaxe au rabais qui ne dit pas son nom, mais pas si loin de « l’écologie punitive » qu’abhorre Ségolène Royal.

L’idée de ce « péage de transit » est de faire payer les camions français et surtout étrangers qui traversent le pays de bout en bout sur nos routes nationales en évitant soigneusement les autoroutes à péage, donc aux frais du contribuable français. Comme pour l’écotaxe honnie et pourtant en vigueur de façon profitable en Allemagne depuis des années, l’argent du péage de transit servira à financer des projets de transport en commun. Mais avec 550 millions d’euros attendus tous les ans, bien des projets risquent d’attendre.
– Qui payera ? Les poids-lourds de plus de 3,5 tonnes
– Où ? Sur 4.000 Km de routes fréquentées par plus 2500 PL par jour. L’écotaxe visait 15000 Km
– Combien ? En moyenne 13 centimes par kilomètre
– Comment ? Grâce à un boîtier GPS obligatoire qui mémorisera le parcours et calculera la facture
– Exonération ? oui, pour les véhicules agricoles
– Quel bénéfice pour l’Agence des infrastructures de transport de France (AFITF) ? 550 à 560 M€/an contre 800 millions à 1 milliard pour l’écotaxe.

Ségolène Royal avait évoqué à un moment la possibilité de taxer les sociétés d’autoroute (2 milliards de bénéfices annuels) mais Bercy s’y est opposé sans explication. Les Bonnets rouges en reparlent aujourd’hui.

Autre piste écartée, celle que proposait la mission parlementaire sur le sujet: une « éco-redevance poids-lourds » qui remplaçait l’écotaxe et instituait une franchise kilométrique mensuelle de 281 à 844 kms, selon le type de camions et le niveau de pollution. Au-delà, on payait. Une solution équitable qui favorisait en plus l’économie de proximité.

Toujours est-il que ce n’est pas le péage de transit qui va réduire le nombre de camions sur les routes de France alors que le fret ferroviaire ne cesse de s’effondrer, passant de 17% en 2000 à 8% en 2013, dans une indifférence feutrée.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.