Passion Brasil

Architecte, comédien, chef cuisinier … qu’ils y soient nés ou qu’ils en soient amoureux, ils nous parlent de leur Brésil. Carnets de voyage aux couleurs de la Samba. A lire dans le Néoplanète spécial Brésil

ETERNELLEClaire Keim

Comédienne, Chanteuse

« Je suis partie en Amazonie en 2011 pour y tourner une fiction pour France 2. Tout m’a marqué dans ce pays car tout y est invraisemblable. J’étais à Manaos, dans le nord du Brésil, une ville incroyable et très étrange. On dirait la Seine Saint-Denis dans la jungle !

Des centaines et des centaines d’années d’architectures qui se mélangent, qui n’ont rien à voir entre elles, au milieu d’une jungle luxuriante, pas très loin de ce que l’on appelle le partage des eaux ; la rencontre du Salimoes et du Rio Negro, qui n’ont ni la même vitesse, ni la même température et qui font un fl euve jaune et un fleuve noir pendant des kilomètres. C’est très beau. L’endroit est vraiment magnifique.

J’ai également été à Chingu, une réserve dans l’état du MatoGrosso, où vivent une quarantaine de tribus indiennes. Ce fut un choc. On se sent un peu ridicule avec tous ses vêtements, son portable… Après quelques jours, on se dit « est-ce que je serai malheureuse sans mon Iphone ? ».

Stitched PanoramaJ’ai été changée en rentrant parce qu’on se pose tout à coup dix mille questions sur la façon dont on vit. J’ai eu la chance de rencontrer Raoni lorsqu’il est venu en France. Il dit : « Quand ils auront pêché tous les poissons de la rivière, quand ils auront abattu tous les arbres, quand ils auront vendu tout le bois, ils s’apercevront que personne ne peut manger l’argent ». Mais en même temps, c’est compliqué d’aller expliquer aux Brésiliens que leur course énergétique est infondée. On ne peut pas les blâmer de vouloir être dans le progrès aussi. Mais il y avait peut-être d’autres solutions, d’autres moyens moins destructeurs. »

 

tabata - (c) Matthieu CellardTabata Bonardi

La première femmechef d’origine brésilienne à diriger un restaurant Bocuse « Marguerite Restaurant », nouvel établissement lyonnais du groupe NordSud Brasseries, dont la cuisine d’antan a été revisitée.

« Je n’ai pas recours à beaucoup d’ingrédients brésiliens simplement parce qu’on n’en trouve pratiquement pas en France. Chez nous, on cuisine les coeurs de palmiers frais, les ignames, et l’huile de palme, qui n’a rien à voir avec la vôtre. Elle fait penser à l’huile d’argan. La cuisine brésilienne est à base de fruits, de légumes, de poissons et de viande. Deux exemples de plats populaires : la Feijoada, sorte de cassoulet mais avec des haricots noirs. C’est un plat venu de l’Afrique avec les premiers esclaves. Quant aux Picanha churrasco, ce sont des barbecues de viande connus dans le monde entier. Côté sucré, beaucoup de choses à base de noix de coco. On se sert aussi en pâtisserie du jaune d’œuf, qui nous vient des Portugais.
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Si de grands chefs français comme Alain Ducasse s’intéressent de plus en plus à notre pays, c’est parce que le Brésil est en plein développement. La gastronomie française est ainsi très présente chez nous. De leur côté, les Brésiliens voyagent de plus en plus et découvrent d’autres cultures. Mais grâce au talent de grands chefs brésiliens comme Alex Atala, on va maintenant plus loin. C’est un chef d’un très haut niveau et dont la cuisine, à base de produits d’Amazonie, est remarquable. »

 Page 2 : Clelia Angelon et David Beckam

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