Pascale d’Erm, présidente des EcoMamans

Auteur du livre « Devenir une écomaman », Pascale d’Erm fait partie des huit femmes ayant signé la lettre « Vertes de rage » dénonçant les propos d’Elisabeth Badinter sur l’écologie et le féminisme. Journaliste, elle a créé il y a un an l’association des Ecomamans. Le but ? Sensibiliser les femmes à l’écologie de manière pragmatique et  montrer que l’on peut chouchouter sa famille tout en respectant la planète.

Qu’est ce qu’une écomaman ?
Il n’y a pas de norme en la matière. Etre une écomaman, c’est adopter des gestes écologiques au quotidien, qu’il s’agisse de trier ses déchets ou de réduire sa consommation d’énergie. C’est aussi changer sa manière de consommer en optant, par exemple, pour des produits locaux, voire bio, et adopter un mode de vie plus naturel. Cela demande de faire preuve de débrouillardise et oblige à appuyer sur la pédale de frein afin de prendre du temps pour le bien-être de sa famille. Pour moi, c’est à la fois un plaisir et une responsabilité. Une écomaman s’informe enfin beaucoup sur l’écologie, notamment en réseau et sur le web. C’est une manière d’apporter sa pierre à l’édifice et de contribuer à protéger l’environnement. Ce qui est bon pour la planète est bon pour nos enfants !

Pouvez-vous nous parler de l’association des Ecomamans ?
Cette association est née il y a un an. Nous comptons désormais une cinquantaine de membres. Nous organisons des ateliers d’information. Le dernier en date portait sur l’alimentation : faut-il plutôt acheter bio ou local ? Privilégier l’équitable ou la proximité ? Des spécialistes extérieurs interviennent lors de ces ateliers thématiques, comme des nutritionnistes et des chefs cuisiniers bio. Des antennes locales vont bientôt voir le jour, en Bretagne, à Aix-en-Provence ou encore à Rueil-Malmaison.

Qu’est ce qui vous a le plus choqué dans les propos d’Elisabeth Badinter sur l’écologie et le féminisme ?
Tout d’abord, sa profonde méconnaissance de l’écologie. Ce n’est pas du tout une sagesse primitive, mais une science. Par ailleurs, les mères écolos ne sont pas en quête d’une mère parfaite comme elle le prétend. Nous savons très bien que l’on ne peut pas éradiquer complètement la pollution sur Terre, mais cela ne nous empêche pas d’être vigilantes et de nous battre. Enfin, nous sommes écolos par choix, et non par injonctions masculines. Je suis en tout cas contente que ses propos aient ouvert le débat, et suscité autant de réactions.

Que conseilleriez-vous à des mamans novices en matière d’écologie et d’environnement ?
Selon moi, il faut commencer par faire le ménage chez soi. Cela permet de faire la chasse aux produits toxiques, ménagers notamment, et de les remplacer. Je conseille de choisir un produit écolo tout en un, en se fiant aux labels. C’est pratique et économique. Deuxième étape : faire un diagnostic de l’alimentation de la famille. A privilégier notamment, les produits frais et les protéines végétales. Cuisiner avec les enfants est aussi une bonne idée pour les éveiller à de nouvelles saveurs. Après, les mamans les plus motivées peuvent passer en revue les jouets, le mobilier, les cosmétiques… Enfin, il me semble essentiel de ralentir le rythme et de prendre du temps pour se poser. Cette ascèse est essentielle.

Infos : http://ecomamans.com/ et ecomamans@gmail.com Prochain atelier le 8 avril prochain sur le thème de l’éducation à l’environnement en milieu scolaire.

A lire : « Devenir une écomaman », Pascal d’Erm Gasselin, Editions Glénat.

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